Saint-Antoine par le détail.

Saint-Antoine par le détail

Nous vous invitons à la découverte de Saint-Antoine-l’Abbaye... autrement.

Saviez-vous que l’église abbatiale au Moyen Âge abritait un décor peint d’une superficie incroyable pour un tel édifice ?

Les décors peints répondent à une ritualisation de l’espace conforme à la liturgie développée et au cheminement des fidèles au sein du sanctuaire. Les autels comme les chapelles témoignent d’une intense activité cultuelle et dévotionnelle à l’égard des nombreux saints vénérés aux côtés de la Vierge et de saint Antoine. Ces décors historiés ou plus abstraits recouvraient une surface équivalente à près de 2700 m² entre le xive et le xvie siècle, renforçant ainsi le prestige de l’édifice et celui des commanditaires, les hospitaliers de Saint-Antoine.

Détail de décors peints
©Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

La tour sud de l’église était sans doute terminée par une flèche avant le XVIe siècle … quelques cloches anciennes sont toujours en place. Les voyez-vous ?

À la suite des destructions survenues au cours des guerres de Religion, le clocher est rénové, doté d’une horloge et de cloches commandées en 1600 à « Jehan Poisson et Michel du Pain, fondeurs du pays de Lorraine ». Une cloche portant le sceau de l’abbé Nicolas Gasparini et datée de 1734 est conservée dans le trésor.

 

Qui se cache dans les replis de la pierre ?

La voussure supérieure du portail central est occupée par vingt couples d’anges. Au sommet de la voussure médiane trône un Christ sauveur du monde (Salvator mundi), entouré d’anges, de chérubins et de séraphins. Douze personnages assis prennent place sur la voussure inférieure. Ils représentent le patriarche Énoch, le prophète Élie, Moïse tenant les tables de la loi reconnaissable à son front cornu, le roi-psalmiste David arborant la harpe, le roi Salomon, une sybille, les apôtres Pierre et Jean mettant en relief l’Ancien et le Nouveau testament.

Levez les yeux !

Les clés de voûte de l’église abbatiale  rythment les différentes étapes du chantier et rappellent l’œuvre des abbés bâtisseurs. Celle-ci est frappée du Tau, emblème de l’ordre des hospitaliers de Saint-Antoine. De nombreux blasons, plus accessibles, ont été martelés à la Révolution, notamment dans les chapelles ainsi que dans les galeries hautes de la nef.

 

De toutes les couleurs !

Ce vitrail présente un Tau azur sur fond d’or et le millésime 1605 dans la chapelle Notre-Dame-de-Consolation de l’église abbatiale de Saint-Antoine. Il s’agit ici du plus ancien exemplaire conservé. Quelques fragments ont cependant été repérés, réutilisés dans les baies du triforium et du clair-étage.
Si la couleur est omniprésente au Moyen Âge et joue un rôle symbolique de premier ordre, elle demeure à bien des égards un vecteur de beauté et d’étonnement.

 

Détail de vitrail avec le tau azur
©Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

 

Aviez-vous remarqué les magnifiques toitures chatoyantes de la Porterie qui lui donnent un petit air bourguignon ?

Cet édifice insigne du XVIIe siècle marque encore l’entrée imposante de l’abbaye et rappelle, malgré lui, l’attachement particulier de l’abbaye au Duché de Bourgogne.

Aymar Falco, historiographe de l’ordre nous révèle qu’entre 1482 et 1490 l’église était recouverte de tuiles de toutes les couleurs : « A cette époque ; alors que le sanctuaire de Saint-Antoine avait été entièrement recouvert d’une toiture en tuiles ordinaires qui n’attirait nullement le regard, l’abbé, les autres occupants de ce monastère et les pères du culte trouvèrent bon, d’un commun accord que l’on recouvre ce même sanctuaire d’un toit vermiculé, évidemment plus somptueux, qui serait bigarré.»

Tuiles vernissées
©Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

Trésor, vous avez dit trésor ?

Le trésor de l’abbaye est avant tout un trésor de reliques. Mentionné dès 1200, le reliquaire de saint Antoine évolue au gré des donations et des aléas de l’histoire. La châsse vénérée au XVe siècle « d’argent, d’or et de pierres précieuses » a disparu, remplacée en 1648 par celle figurée ici offerte par Jean du Vache, ornée de plaques en argent commandées à Jean Eynardon, reprenant des épisodes de la vie du saint dédicataire. Aujourd’hui, si l’ostension des reliques n’est plus réalisée, la châsse est sortie du maître-autel au moment des solennités de l’Ascension et portée en procession, attirant un grand nombre de fidèles.

Châsse reliquaire de Saint-Antoine
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

Quand les paysages se mettent en scène 

Parmi les collections insignes rassemblées au sein des bibliothèques, du Trésor et des bâtiments conventuels,  les peintures de Marc Chabry (1660-1727), élève du sculpteur Pierre Puget, sont certainement les plus représentatives des grandes commandes du XVIIe siècle. Les six peintures illustrant des épisodes de la vie de saint  Antoine sont destinées à orner le chœur de l’église abbatiale si l’on se réfère au prix-fait daté du 8 octobre 1690. Malgré les libertés prises par l’artiste dans l’exécution de certaines scènes et la référence aux textes vétérotestamentaires,  ces six peintures de grand format (4.99 x 3.36 m avec le cadre) constituent un ensemble cohérent où transparaît l’œuvre d’un sculpteur baroque à la fois emphatique dans la composition et exubérante  dans le modelé des corps.

L’artiste se livre à une traduction souvent  fantasmée du paysage quelque peu éloigné de l’ermite d’Egypte malgré l’introduction des principaux motifs inhérents à ce type de représentation : végétation exotique, ruines antiques – trait d’union entre l’ancien et le nouveau monde – pyramidions. Tel un décor de théâtre, les colonnades italianisantes s’affrontent aux nuées glorieuses comme aux visions enténébrées scandées de ruines et de forêts obscures.   Révélées par une récente campagne de conservation préventive, ces vues longtemps masquées par les altérations des vernis mettent désormais en scène des paysages à la profondeur insoupçonnée, illustrations évanescentes du récit hagiographique.

 Si la plupart des sculptures qui firent la renommée de Marc Chabry ont en grande partie disparu (ainsi en est-il des figures ornementales commandées en 1685 pour le jardin de l’Abbaye), ce cycle consacré au saint dédicataire n’en demeure pas moins historiquement précieux et unique.

Protégées au titre des Monuments Historiques en 1911, les peintures furent déplacées en 1934 et positionnées dans les chapelles collatérales sur proposition de l’Architecte des Monuments Historiques et de l’Abbé Blanc en raison vraisemblablement d’un état de conservation jugé préoccupant.

Un important  chantier de restauration in situ  placé sous la direction de Monika Neuner  devrait prochainement débuter permettant, sur trois années, le retour progressif des compositions à leur emplacement d’origine, le chœur de l’église abbatiale.

Tableau de Marc Chabry
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

 

Un  jardin enchanté par la fontaine de l’Agneau mystique

Inspirée du célèbre polyptyque de l’Agneau mystique peint par Hubert et Jan Van Eyck pour l’Eglise Saint-Jean (Cathédrale Saint-Bavon) de Gand et achevé en 1432, la fontaine du jardin médiéval est agrémentée depuis 2016 d’une colonne de bronze où alternent en dualité des dragons  et un ange. Cette   réalisation inédite  est l’œuvre conjointe de l’artiste-plasticien Pierre Buffa, de la fonderie d’art Barthélémy de Crest (26) et de l’Atelier du Grain d’Orge (26).

De longs mois ont été nécessaires à son accomplissement, des premiers croquis (juin 2015) à la sculpture (septembre 2015), du modelage à la fonte et à la taille de pierre (2016).

Evocation du lien qui unissait les ducs de Bourgogne aux hospitaliers de Saint-Antoine, la fontaine est plus encore une invitation à se délecter du chef-d’œuvre des frères Van Eyck dont la restauration magistrale, toujours en cours, met pleinement en lumière le génie des maîtres flamands.  Pour aller plus loin : lien vers Une affaire patrimoniale et  vaneyck2020.be

Fontaine de l'Agneau mystique
© Fabian Da Costa - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

 

Entrées triomphales

Place forte, centre administratif ou religieux important, la ville médiévale est avant tout multicellulaire. Les espaces s’imbriquent, chacun selon la destination qui lui est dévolue ; la vie s’organise le long des rues, les liens se tissent autour des places à l’abri des remparts percés de portes à l’ombre de l’abbaye elle-même en perpétuelle mutation.  Les portes médiévales ne sont plus qu’un souvenir matérialisé par les peintures du XVIIIe siècle, détruites par l’adjonction de rues ou englobées dans les édifices modernes : Porte de Chatte, Porte Guerce, Porte du Martel ou de Lyon, Porte de Romans, Porte du Cloître, toutes évoquent la puissance du bourg comme de l’abbaye tutélaire.  La  Porte du Gros mur et la Porterie de l’abbaye en sont une lointaine évocation marquant les principaux points d’entrée au site abbatial depuis le XVIIe siècle.

Porte du Grand escalier
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

Chœur de pierre, chœur de bois

Le chœur qui, au Moyen Âge, accueillait la châsse-reliquaire en argent doré, le maître-autel ainsi que l’autel en albâtre du roi Charles V,  fut considérablement modifié en même temps que disparut le jubé vraisemblablement au cours du xvie siècle. Ainsi il fut décidé de favoriser l’implantation de stalles datées de 1630 selon la commande passée à François Hanard, « maistre menuisier de la ville de Lyon des chaires hautes et basses du chœur de cette abbaye au nombre de cent douze ». Afin de favoriser l’installation d’un nouveau maître-autel abritant les reliques d’Antoine le Grand au cours de la seconde moitié du xviie siècle, un réaménagement fut nécessaire au détriment de certaines stalles. 

Stalles
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

Jeu de miroir

La façade occidentale de l’église abbatiale est divisée en cinq parties reflétant l’organisation intérieure de l’édifice en un jeu de miroir laissant deviner nef, collatéraux et chapelles. L’ensemble est de style gothique flamboyant avec son décor de feuillages découpés, une grande baie centrale aux remplages faits de courbes et de contre-courbes, de motifs de choux frisés, de gâbles et de pinacles ouvragés. Les niches coiffées de dais sont dépourvues de sculptures. Sans doute n’ont-elles jamais été réalisées ? Quoi qu’il en soit, la finesse des sculptures à l’élégant modelé révèle la présence d’un atelier de grand talent. Le chantier de restauration prévu de 2020 à 2022 redonnera à l’édifice ses lettres de noblesse et offrira aux visiteurs des rendez-vous avec les compagnons au plus près de la pierre.

Façade occidentale
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

Secret de trilobes

Les traces d’un édifice récemment mises à jour, et notamment la présence d’une élégante baie trilobée,  dans l’environnement immédiat de la Porterie de l’abbaye pourraient corroborer les descriptions du Grand hôpital et livrer dans un avenir proche des indications précieuses sur l’organisation spatiale ou l’emprise du bâti révélées par l’étude géophysique conduites en mai 2019. La qualité du bâti, l’orientation supposée de l’édifice et sa possible configuration étudiée par les archéologues permettent d’affirmer la présence d’un bâtiment insigne et emblématique. Progressivement abandonné de par sa vétusté, le Grand hôpital, qui au Moyen Âge force l’admiration des voyageurs, sera par la suite englobé dans des structures complexes, jouxtant les communs et dépendances.

Le Grand hôpital
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

Dédales de pierre

Les goulets, ruelles parfois couvertes sillonnant entre les habitations, sont une particularité du bourg et conservent le souvenir de l’organisation spatiale qui prévaut au Moyen Âge.

Le goulet de la Symeise est déjà important au xvie siècle. Sans doute est-il emprunté pour transporter depuis le bourg le vin assujetti à une taxe et qui doit être stocké sous l’office de l’infirmerie. La symeise (mesure de vin) a pu donner au goulet cette appellation. Les goulets Saint-Georges (chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem), du Chapeau rouge (auberge) ou de Bourchenu (riche propriétaire) évoquent, par leur toponyme, les habitants et les lieux .

Le goulet de la Symeise
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

 

Vertiges arachnéens

En prenant de la hauteur se révèle toute l’ingéniosité des bâtisseurs du Moyen Âge. La pierre utilisée ici est une sorte de grès quartzeux à ciment calcaire, appelé molasse. Les carrières d’extraction se font d’abord à proximité, puis à cause du tarissement de certains gisements, il faut trouver de nouveaux sols molassiques, de plus en plus éloignés. Ainsi, au XVIIIe siècle, lors du redéploiement de certains édifices  ou de la restauration du bâti ancien, les abbés bâtisseurs ont recours à l’adjonction de galets, de tuf et de blocs de réemploi, pris notamment dans le cloître détruit ou à l’emplacement du château. L’absence d’homogénéité de cet appareil n’enlève cependant rien à la majesté de l’abbaye.

 
Vestiges arachnéens
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

Aux portes de l’Abbaye

La Grande Cour de l’Abbaye et ses bâtiments aux architectures longilignes présentent un ensemble à la linéarité quasi—parfaite, répondant à une hiérarchisation des lieux sans doute plus parlante dès le XVIIe siècle lors de la construction de la Procure

L’Abbaye et ses dépendances construites sur un promontoire sont au cœur d’un cheminement progressif du monde profane au monde sacré.

L’espace est délimité par un jeu de portes et porches situés en des points précis La Procure sépare la rue haute du Bourg (monde profane) du monde clos de l’Abbaye depuis la cour. En franchissant la porterie (procure) se trouvent les bâtiments jumeaux ainsi appelés de par leur symétrie de façades, abritant l’un les anciennes infirmeries, l’autre les appartements et le salon destinés aux “hostes de qualité”. 

La porterie

 

Le logis de l’Abbé

Le logis de l’Abbé, accolé au transept nord de l’église abbatiale, est relié à l’ensemble des bâtiments conventuels par l’aile de l’abbatiale construite au XVIIe siècle.

Premier logis abbatial, il est par la suite réaménagé lors des travaux de restructuration initiés au XVIIe siècle laissant place à de petits appartements aménagés dans la tour clocher inachevée.

Vraisemblable point de départ du cabinet de curiosités, le logis est desservi par un escalier à vis conduisant à la chapelle haute du transept décorée au XIVe siècle. Au premier niveau, un appartement doté d’une chambre à alcôve recèle une bibliothèque ; cette chambre a pu accueillir Jacques Deschamps, numismate et garde du cabinet. Elle est prolongée par une petite pièce dotée d’une cheminée accolée à l’escalier monumental de la maison abbatiale. Des lambris et des panneaux de gypseries complètent le décor fortement altéré au gré de destinations postérieures. Le deuxième niveau renferme de petites pièces alors que le niveau supérieur révèle une disposition plus ancienne logée au-dessus des chapelles de l’abside et desservie par un couloir débouchant sur le triforium de l’église abbatiale. A découvrir, la Vierge à l’Enfant peinte vers 1400 dans la chapelle haute sans doute fondée par Jean Galéas Visconti.

Peinture de la chapelle
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

L’Abbé tient salon !

Réservé aux hôtes étrangers non religieux, l’aménagement intérieur  du bâtiment des Etrangers ainsi que l’organisation des ouvertures en façade semblent correspondre à un ordonnancement intervenu vers le milieu du XVIIIe siècle. Le cheminement s’effectue dans un espace limité, segmenté au rez-de-chaussée en six lieux distincts marquant une progression graduelle au sein de l’édifice, dont le point focal est le Salon d’apparat richement orné d’un décor à motifs de gypseries, de boiseries et de tableaux dont seule nous est parvenue une copie de la Bataille de Constantin au Pont Milvius d’après Jules Romain  . Dix cabinets ou petits appartements prennent place à l’étage et sont accessibles, au nord, par un escalier monumental. La restauration en cours de ces  pièces a révélé des traces de décor peint attestant d’un certain raffinement. 

A l’ombre de Jean Borrel

La méridienne du clocher sud de l’église abbatiale est l’œuvre du mathématicien et chanoine Jean Borrel (1472-1564) et aurait été tracée vers 1560.

Jean Buteo ou Borrel est né vers 1492 à Charpey dans la Drôme. En 1508, il rejoint les rangs de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Antoine  au sein duquel il occupera les charges de  prieur de Pont-en-Royans dès 1514, Grand sacristain en 1520, commandeur de Sainte-Croix de 1526, commandeur de Lestards en 1551. En 1528, il retrouve à Paris  le célèbre mathématicien et astronome  Oronce Finé afin d’y suivre son enseignement. Inventeur d’instruments mathématiques et  probablement à l’origine de la fameuse méridienne du clocher sud de l’église abbatiale de Saint-Antoine, il est l’auteur de plusieurs traités scientifiques en grande partie rédigés depuis le domaine de Balan dont il sera l’administrateur dès 1548.

Son Opera geometrica, dont la première édition est datée de l’année 1554, regroupe plusieurs traités : de l’arche de Noé au pont de César en passant par  la géométrie, son propos est principalement étayé de schémas, croquis et de figures géométriques gravés sur bois. Cependant, l’auteur n’hésite pas à évoquer son séjour à Balan, lieu de villégiature prisé  des abbés de Saint-Antoine aux XVIIe et XVIIIe siècles. C’est dans ce cadre champêtre que le mathématicien  aime à rappeler que les lois mathématiques sont indissociables de l’art de bâtir.

La méridienne
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye

 

Un mausolée pour ultime demeure

Le maître-autel, réalisé en marbre noir par Jacques Mimerel à partir de 1667, est alors orné de figures de bronze. Il abrite la châsse de saint Antoine et sert dès son origine d’autel majeur. De talentueux artisans s’emploient à doter l’abbaye d’ornements raffinés, et ce de 1667 à 1673. Le 7 décembre 1667 « véritablement passionné par les arts et le style de Louis XIV, l’abbé Jean Rasse peupla le saint édifice  de décorations variées. Par ses ordres, le sculpteur Mimerel de Lyon a confectionné un superbe mausolée pour y renfermer les ossements vénérés de saint Antoine : le mausolée servira d’autel majeur ». Orné de figures de bronze, pour certaines aujourd’hui disparues, ce mausolée de marbre noir est exécuté pour la somme de 10 000 livres. Un prix-fait de 1668 indique de Pierre de Lesterme « maistre maçon de Grenoble » fournit les degrés du maitre-autel pour la somme de 1800 livres.

Le maître-autel
© Cnossos - Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye