Le site historique

En 1867, le pyrénéen Aristide Bergès découvre la vallée du Grésivaudan lorsqu'il vient modifier les défibreurs de l'usine Matussière à Domène. Bergès réalise rapidement que l'endroit, au pied du massif de Belledonne, est propice à l'implantation de sa propre usine de fabrication de pâte à papier, comme l'ont déjà compris les ingénieurs Amable Matussière et Alfred Fredet.

La vallée est large, les moyens de transport divers (train, eau, route...), Grenoble, « la grande ville », n'est pas loin... La main d'œuvre rurale locale cherche souvent à compléter des revenus insuffisants.
Mais, surtout, la matière première est toute proche : forêts du balcon de Belledonne et des autres montagnes alentours, possibilité d'extension du domaine forestier dans la plaine. Les ressources énergétiques sont présentes et disponibles. Les réservoirs d'eau naturels (neige, lacs, ruisseaux...), abondamment alimentés, l'imperméabilité du terrain, sa forte déclivité, tous ces éléments incitent Aristide Bergès à installer une râperie à bois dans la gorge (ou « combe ») de Lancey.

Il détourne, dans une première conduite forcée de « haute chute », l'eau du petit torrent de Lancey, à l'amont de la gorge de raccordement où se trouve son usine. Ses machines fonctionnent alors grâce à l'énergie hydromécanique. Aristide Bergès construit ensuite une seconde conduite forcée et ajoute une dynamo aux turbines dans les années 1880, produisant donc de l'énergie mécanique et hydroélectrique. Il équipe plus tard deux autres « hautes chutes » au fur et à mesure du développement de son usine de râperie et de papeterie. Il participe ainsi à la transformation d'un espace rural en un espace industriel.

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