Premières couleurs. La photographie autochrome

Du
22mai 2015 21sep 2015
Affiche
Audience
TOUT PUBLIC
Type
Exposition passée

1903. Avec la découverte de l’autochrome, les frères Lumière bouleversent notre vision du monde en nous offrant la photographie en couleurs. À travers l’exposition « Autochrome », le Musée dauphinois vous invite sur les pas de ces découvreurs de génie, pour suivre une épopée scientifique dont l’objectif ultime est la couleur. Grâce aux autochromes immortalisant les habitants et les paysages de la région, vous seront révélés les nuances et les éclats d’une Isère peinte avec la lumière…

“ Bientôt le monde entier sera fou de couleur et Louis Lumière en sera responsable ! ” affirme un photographe américain au début du XXe siècle. Les frères Lumière viennent d’inventer l’Autochrome, un procédé pour obtenir la photographie des objets avec leurs couleurs véritables.

Obtenue à partir de fécule de pomme de terre, leur technique va permettre de redécouvrir le monde. En Isère, Jules Flandrin, Henri Bussillet, Jean Jacques et d’autres, seront les premiers à donner les couleurs de la vie à leurs photographies. Le Musée dauphinois présente pour la première fois trois cent huit autochromes, toutes issues de ses collections, qui entraînent vers des paysages aux couleurs inédites.
À cette époque, la bourgeoisie a soif de voyages et découvre les territoires colonisés. La montagne attire elle aussi ces aventuriers qui n’hésitent pas à s’équiper lourdement pour photographier les sommets. Dans ce contexte, l’autochrome remporte un succès immédiat. Le peintre-photographe est séduit par l’aspect pointilliste généré par les grains d’amidon, les couleurs très vives et les forts contrastes. L’autochrome révèle aussi la façon de considérer les espaces. L’alpiniste-photographe, “faiseur de montagne”, immortalise des paysages grandioses, créant un territoire d’altitude imaginaire… déserté par l’homme. L’autochromiste-naturaliste écarte lui aussi la présence humaine jusque dans les scènes bucoliques. Dans une recherche d’harmonie, les jardins sont photographiés pour leurs couleurs changeantes, les sous-bois pour la profondeur des ombres et la douceur de la lumière. Mais dans le cercle fermé de la bourgeoisie locale, les portraits autochromes permettent aussi de représenter sa réussite sociale, qu’on se plaira à partager lors de soirées privées, à la lueur de lanternes de projection.
L’autochrome domine pendant trente ans la photographie couleur, jusqu’à la sortie simultanée des pellicules souples Kodachrome et Agfacolor. Les photographes recherchent des appareils toujours plus simples et bon marché comme le propose la société américaine Kodak dont le fondateur Georges Eastman promettait dès 1888 : « Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste ».

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