Tsiganes. La vie de bohème ?

Du
24oct 2015 23jan 2017
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TOUT PUBLIC
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Exposition passée

Dans sa mission de mise en valeur de la diversité culturelle, le Musée dauphinois s’intéresse aujourd’hui à la minorité la plus importante d’Europe : les Tsiganes. Après les Italiens, les Grecs, les Arméniens, les Maghrébins, les Pieds-Noirs, etc., le musée invite les Gitans, Manouches, Yéniches, Sintis, Roms,etc., à prendre leur place dans l’histoire commune et dans le patrimoine culturel collectif. L’exposition s’interroge également sur les raisons de leur rejet, un peu partout en Europe.

Qui sont les Tsiganes ? Appelés Roms aujourd’hui, ils sont dénommés Sarrazins ou Égyptiens à leur arrivée en Europe au XVe siècle et plus tard Bohémiens puis Romanichels… Dans les années 1960, l’administration française les classe « gens du voyage »… malgré une forte tendance à la sédentarisation ! Eux-mêmes se nomment autrement…

Les Tsiganes auraient en commun une lointaine origine indienne (de plus en plus contestée par les historiens !) et se seraient dispersés en Europe occidentale à partir de la fin du Moyen Âge. Pèlerins, artisans ou commerçants ambulants à leur arrivée, ils deviennent aussi hommes d’armes pour la noblesse. Excepté dans l’actuelle Roumanie où ils sont à l’époque réduits à l’esclavage, ils sont généralement tolérés. L’hostilité apparaît au XVIIe siècle puis un siècle plus tard avec des tentatives de sédentarisation des populations nomades. Certains partent sur les routes exercer métiers et commerces ambulants à bord d’un nouveau moyen de locomotion, la roulotte (la verdine). Accusés notamment de rapines, l’image du Tsigane « voleur de poules » naît alors… tandis que pour les artistes, « le Bohémien » incarne un idéal romantique où nomadisme rime avec liberté, une supposée « vie de bohème ».

Victimes des guerres, notamment d’un génocide perpétré par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, les Tsiganes sont pourtant encore rejetés. Est-ce en raison de l’ancestrale opposition du sédentaire et du nomade ? Est-ce la délinquance dont on les accuse, qui n’est pourtant statistiquement pas plus importante que pour d’autres groupes ? La question reste ouverte, tant il semble difficile de comprendre ces difficultés de relation.

L’exposition se termine par la présentation du travail d’un photographe, Pablo Chignard, qui a réalisé en 2015 les portraits de familles roms qui, venues d’Europe de l’Est pour des raisons économiques et sociales, vivent en Isère, souvent dans le plus grand dénuement. Il s’agit d’appréhender cette réalité actuelle, toute proche de nous, sans misérabilisme, mais avec beaucoup d’humanité.

En complément au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, l’exposition Un camp pour les Tsiganes. Saliers, 1942-1944 sera présentée du 27 novembre 2015 au 16 mai 2016.

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