L'Isère en relief. Les maquettes monumentales des fortifications de Grenoble et de Fort-Barraux

Du
13oct 2012 6jan 2013
Affiche de l'exposition
Audience
TOUT PUBLIC
Type
Exposition passée

Après le succès rencontré cette année au Grand Palais de l’exposition La France en relief, le Musée dauphinois a relevé le défi de présenter au public isérois les maquettes historiques de Fort-Barraux (1693) et de Grenoble (1840). Une découverte à ne manquer sous aucun prétexte ! En effet, la fragilité de ces trésors nationaux autant que la complexité de leur transport, limitent leur sortie du Musée des Plans-Reliefs à Paris.
En raison de leurs dimensions imposantes, les maquettes sont exposées dans deux lieux : au Musée dauphinois pour Fort-Barraux (18m2) et au MAGASIN - Centre National d’Art Contemporain pour le plan-relief de Grenoble (60m2).

 

En raison de leurs dimensions imposantes, les maquettes sont exposées dans deux lieux : au Musée dauphinois pour Fort-Barraux (18m2) et au MAGASIN - Centre National d’Art Contemporain pour le plan-relief de Grenoble (60m2).
Ces maquettes des fortifications françaises font partie d’une collection de deux cent soixante plans-reliefs constituée à partir de Louis XIV et enrichie jusqu’à Napoléon III. Témoignages éloquents de la puissance du royaume, elles permettaient aussi de présenter aux gouvernants les projets de construction et d’aménagement des fortifications ou même de préparer les opérations de guerre ; elles sont l’exacte réplique au 1/600e des villes et des fortifications représentées.


Fruit de l’adresse et de la patience d’artisans autant que de la précision des relevés topographiques, leur réalisation respectait le moindre détail : les arbres en fil de fer habillés de soie, les eaux peintes à l’huile, les haies, les vignes, les barrières de bois, les murettes… Au-delà de l’attrait qu’exercent sur beaucoup d’entre nous les modèles réduits, les plans en relief sont un témoignage majeur de l’évolution historique des villes et sites reproduits. Ils ouvrent une réflexion sur les choix à opérer dans l’avenir en matière de développement urbain et de cadre de vie.

 

Ce projet, à l’initiative du Conseil général de l’Isère, n’aurait pu réussir sans le concours de la Ville de Grenoble, de La Métro, Grenoble Alpes Métropole, de la Caisse d’Épargne Rhône Alpes. Et sans le soutien du Dauphiné Libéré et de France Bleu Isère. Remerciements au Musée des Plans-Reliefs à Paris pour ces prêts exceptionnels.

Le plan-relief de Grenoble

Exposé au MAGASIN
Centre National d’Art Contemporain


La maquette de Grenoble et de ses environs compte parmi les dernières réalisées – entre 1838 et 1848. La ville, ses fortifications, la campagne environnante avec ses champs et ses arbres, le Rachais et ses falaises, les méandres de l’Isère et les digues du Drac, tout est reconstitué avec la plus grande minutie.
Longtemps considérée comme la clef de défense du Dauphiné, Grenoble disposait au début du XIXe siècle de fortifications vétustes datant de Lesdiguières. Aux premiers temps de la Restauration, l’armée, estimant que la ville devait être protégée depuis la Bastille, imagina un vaste
système englobant toute la hauteur du promontoire du Rachais. Les travaux commencèrent en 1823. Mais la nécessité d’une enceinte moderne autour de la ville pour préserver les casernes et les entrepôts militaires s’imposa. C’est ainsi qu’à partir de 1832 fut construite l’enceinte Haxo, du nom du général qui avait mis au point le détail du dispositif utilisé.
Les autorités militaires souhaitèrent communiquer aux spécialistes cette belle réalisation et décidèrent alors de la construction d’un plan en relief.

Le plan-relief de Fort-Barraux

Exposé au MUSÉE DAUPHINOIS


Construit par Charles-Emmanuel de Savoie en territoire français à la fin du XVIe siècle, le fort menace la sécurité de Grenoble par sa position avancée dans la vallée. L’histoire raconte que le roi s’étonna de l’attitude passive du connétable de Lesdiguières. Le Dauphinois aurait répondu qu’il fallait juste un peu de patience et laisser les Savoyards terminer la construction. Sitôt achevé le fort fut pris rapidement par Lesdiguières, en mars 1598, qui n’eût plus qu’à tourner les canons !
Mais Barraux est aussi célèbre pour avoir reçu Vauban, qui livra une sévère critique de la construction savoyarde et laissa un « État de ce qu’il faut faire », fort précis et documenté. Ce qui fut fait progressivement et nous laisse aujourd’hui un édifice exceptionnel, sans doute l’un des plus beaux et des mieux conservés de la ligne de défense des Alpes.
Fort-Barraux est aussi un lieu de mémoire de la Seconde Guerre mondiale, pour avoir servi de camp d’internement pour les prisonniers (juifs, politiques, droit-communs) en transit vers les camps de concentration et d’extermination. Après-guerre, il servit de prison pour les soldats nazis.

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