Le Musée dauphinois depuis 1992

En 1992, le Musée dauphinois passe de la tutelle de la ville de Grenoble à celle du Conseil général de l'Isère (devenu Département de l'Isère). Cette décision allège, il est vrai, le budget de la ville des dépenses de fonctionnement du musée. Au-delà, elle reconnaît un rôle d'assistance et de conseil que l'équipe du Musée jouait déjà sur le territoire départemental et plus largement dans les Alpes dauphinoises. Après son transfert à Sainte-Marie d'en-Haut en 1968, cette deuxième mutation lui procure de nouveaux moyens tant en personnel qu'en crédits, mais lui confère aussi de nouvelles missions.

En réalité, c'est un nouveau service départemental, nommé Conservation du patrimoine de l'Isère (CPI) qui naît et se développe au sein du Musée dauphinois, renforcé alors par l'équipe du Centre d'archéologie des musées de Grenoble et de l'Isère. En relation avec les services de l'État - ceux de la Direction régionale des affaires culturelles notamment -, ce service intervient désormais dans les domaines de l'archéologie (fouilles, inventaires, expertises...), du patrimoine mobilier et immobilier (préinventaires, conseils auprès des communes, en relation avec les services de l'État) de la conservation et de la mise en valeur des « musées associés » de l'Isère (gestion des collections, suivi scientifique, animation, étude et programmation de musées soit en gestion directe, soit conventionnés) et de la valorisation des patrimoines des « pays » de l'Isère (dans le cadre, depuis 1994, d'une convention entre le Département de l'Isère et la Région Rhône-Alpes, intégrant les ressources patrimoniales dans les politiques de développement local). Hébergeant désormais le chef-lieu de la Conservation du Patrimoine de l'Isère, le Musée dauphinois est confirmé dans la position qu'il avait déjà commencé d'occuper régionalement, de centre de ressources et de compétences patrimoniales. S'agissant des collections, cette évolution entraîne deux sortes de conséquences :

 

Une diversification croissante

Quoi de commun en effet entre les objets de bois de l'an mil de Paladru, les armes des maquisards du Vercors, les bois sculptés du Queyras, les forts militaires de l'Y grenoblois, les fours de potiers gallo-romaines d'Aoste, les mottes castrales du haut-Dauphiné, les séchoirs à noix de la vallée de l'Isère ou les centrales hydroélectriques de l'Oisans ? Tandis que des biens accèdent au statut de patrimoine et que de nouveaux musées sont créés ou pris en charge, de nouveaux sites et de nouvelles collections doivent être inventoriées et conservées, certes, de natures très variées mais parties intégrantes d'un seul et même patrimoine, celui des habitants de la région, de leur histoire et de leur identité. Toutes les compétences scientifiques voulues ne pouvant être réunies au sein de la Conservation du Patrimoine de l'Isère, appel est fait, autant de fois que nécessaire à des collaborations extérieures, tant dans le cadre de vacations (recherches, inventaires...) que dans celui des conseils scientifiques mis en place dans le cadre des nouvelles opérations patrimoniales (mise en valeur de sites, circuits culturels, expositions, musées en création...).

 

La recherche d'un outil unique et départemental d'inventaire et de recherche.

 

Lors de l'étude du système d'informatisation des collections, en 1989, la nécessité était déjà apparue de pouvoir inventorier de la même façon des objets de toutes époques et de toutes natures, autant que des images fixes et animées et des phonogrammes. La possibilité d'interroger une seule base de données et de faire apparaître l'ensemble des documents relatifs à la question posée quels qu'en soient le thème, le lieu, l'auteur, l'origine ou le statut. À ce qui devint dès lors une nécessité s'en est alors ajoutée une autre, celle de tendre par la gestion informatisée à l'existence d'une seule « collection » départementale, étendue à tous les patrimoines, mobiliers et immobiliers, matériels et immatériels, quel qu'en soit le lieu de présentation ou de conservation. L'objectif reste en ligne de mire, même si les résultats de quelque dix années d'informatisation ont de quoi rendre modeste, surtout depuis l'ouverture récente de l'immense chantier de la numérisation.

On le voit, les missions du Musée dauphinois n'ont cessé de se diversifier durant le siècle de son existence mais dans l'objectif de répondre toujours mieux à la demande sociale dans ce vaste, très vaste domaine du patrimoine. Reste l'esprit dans lequel Hippolyte Müller l'a créé et une prédilection, aussi, pour la montagne. C'est en effet dans ce musée que se poursuivent la publication de la Revue du Monde alpin et rhodanien ainsi que celle de L'Alpe et que continueront de se poser nombre de question sur les Alpes et l'univers, à propos de l'humanité qu'ils hébergent, d'hier au aujourd'hui.

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