Quand on ne peut pas s’encadrer…

L'objet du mois présenté ici est une affiche de propagande d'Abel Faivre de 1916 titrée "On les aura", placée dans la salle du greffe du tribunal de Paix de Grenoble, brisée en 1944 par la bande du collaborationniste Guy Éclache lors d'une perquisition de la police allemande. Les casseurs ont ajouté à la main la mention « On les a eus, ils nous aurons pas » (sic)
Collections Musée de la Résistance et de la Déportation – Département de l’Isère. Inv. 92.06.171

 

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate vingt ans seulement après celle de 1914-1918, nombreux sont les habitants des deux côtés du Rhin à vivre ce nouveau conflit comme la suite du précédent. L’objet présenté ici fait directement le lien entre les deux en illustrant l’esprit de revanche qui animait encore les Allemands en 1944, ainsi que le souvenir vivace de la victoire de 1918 dans la population iséroise.

Ce tableau est une célèbre affiche de propagande française réalisée par Abel Faivre en octobre 1916. Elle invite les civils à souscrire au 2è emprunt de la défense nationale afin de soutenir l’effort de guerre. On peut y lire la deuxième partie d’une citation de Pétain qui, alors général chargé de défendre Verdun, avait déclaré : « Courage ! On les aura ! ».

L'objet du mois présenté ici est une affiche de propagande d'Abel Faivre de 1916 titrée "On les aura", placée dans la salle du greffe du tribunal de Paix de Grenoble, brisée en 1944 par la bande du collaborationniste Guy Éclache lors d'une perquisition de la police allemande. Les casseurs ont ajouté à la main la mention « On les a eus, ils nous aurons pas » (sic). CEtte annotation est signée des initiales "SL" qui pourraient correspondre au pseudonyme utilisé par le collaborationniste Guy Éclache, à savoir "Lieutenant Luc SIffer".
Détail de l'affiche comportant la mention manuscrite rajoutée à la main « On les a eus, ils nous aurons pas » (sic), signée "SL". Collections Musée de la Résistance et de la Déportation – Département de l’Isère. Inv. 92.06.171

 

Cet exemplaire sous verre conservé dans les collections du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère se trouvait dans la salle du greffe du tribunal de Paix, situé 7 quai Créqui à Grenoble. Lors d’une perquisition menée par la « police allemande » le 18 juin 1944, le cadre est jeté à terre, brisant la vitre, et l’affiche maculée d’encre. Une mention manuscrite pour le moins énigmatique est également ajoutée en haut à droite : « On les a eus, ils nous aurons pas » (sic)… Les initiales « SL » paraphées en guise de signature laisseraient supposer la présence lors de cette perquisition du collaborateur Guy Éclache, ou a minima de ses hommes de main, qui œuvre sous le pseudonyme de « Lieutenant Luc Siffer ». Chef de la section locale des Jeunes de l’Europe nouvelle et recruteur pour la Waffen SS, sans compter ses nombreuses accointances avec les autres mouvements collaborationnistes, Éclache est responsable avec son équipe de tueurs de l’arrestation et de la mort de dizaines de Juifs ou résistants, ainsi que de nombreux pillages menés sous couvert d’actions politiques. Déclaré ennemi public N°1 à Grenoble à la Libération, il est condamné à mort et fusillé en octobre 1945.

Chef de la section locale des Jeunes de l’Europe nouvelle et recruteur pour la Waffen SS, sans compter ses nombreuses accointances avec les autres mouvements collaborationnistes, Éclache est responsable avec son équipe de tueurs de l’arrestation et de la mort de dizaines de Juifs ou résistants, ainsi que de nombreux pillages menés sous couvert d’actions politiques. Déclaré ennemi public N°1 à Grenoble à la Libération, il est condamné à mort et fusillé en octobre 1945.
Guy Éclache, chef de la section locale des Jeunes de l’Europe nouvelle et recruteur pour la Waffen SS à Grenoble. Collections Musée de la Résistance et de la Déportation – Département de l’Isère. Inv. 91.07.379

 

Numéro d’inventaire : 92.06.171

Matériaux : papier, carton, bois, verre, impression, peinture noire, graphite

Dimensions : 85,5 X 67 X 1,5 cm