Les collections du musée

Parce qu’elles donnent accès à l’imaginaire, au symbolique, et qu’elles se situent au croisement des sensibilités individuelles et collectives, les créations visuelles, notamment artistiques, révèlent les enjeux et les bouleversements fondamentaux d’une époque.
Dans le cas de la Révolution française, moment de cristallisation politique et culturelle, particulièrement intense et complexe, fondatrice de notre monde contemporain, elles nous tendent le miroir dans lequel se projette le regard d’hommes qui ont initié, vécu, subi ou expérimenté l’accélération  tout autant que la rupture de l'Histoire. A travers ce qu'ils ont vu, montré ou voulu faire voir, transparaît, comme par empathie, ce qu"ils ont ressenti, aimé, détesté, rêvé, craint, fêté, bien au-delà d'une simple description ou illustration d'une décennie caractérisée par la folle succession des événements, des régies politiques, des idées et des personnages.

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Les objets du quotidien

Jeu de dominos

Jeu de domino - Anonyme (3e quart 18e siècle) - Coll. Musée de la Révolution française
Jeu de domino - Anonyme (3e quart 18e siècle) - Coll. Musée de la Révolution française


Le jeu de dominos refait son apparition en France vers 1760. Le mot « domino » proviendrait de la similitude entre les pièces du jeu (recto blanc, verso noir) et l'habit des religieux dominicains blancs, recouverts d’une d'une cape noire. Cet exemplaire en os de jeu de dominos a été réalisé à la fin du XVIIIè siècle. Le couvercle se compose de trois parties qui coulissent. Ces trois panneaux sont décorés par : un bateau trois-mâts ; un trophée composé d'un livre ouvert (la déclaration des droits de l'homme) et, de part et d'autre, de drapeaux ; d'une pique surmontée d'un bonnet phrygien ; boulets, barils, tambour. En dessous de ce trophée, une colombe sur un autel.

Dejeuner en tête à tête

Déjeuner en tête à tête - Manufacture nationale de Sèvres (1794) - Coll. Musée de la Révolution française
Déjeuner en tête à tête - Manufacture nationale de Sèvres (1794) - Coll. Musée de la Révolution française


Ce déjeuner est sorti le 4 Thermidor an II (22 juillet 1794) des ateliers de la manufacture de Sèvres. Cet ensemble destiné à servir le thé en tête à tête se compose d'un plateau, de deux tasses de forme "litron" et leur sous-tasse, une théière couverte, un sucrier couvert et un pot à lait tripode. Il contribue singulièrement à mettre en lumière les paradoxes de la Révolution française. Au moment le plus noir de la Terreur, la manufacture nationale produisait des céramiques de luxe dont le décor rend hommage au mouvement révolutionnaire et surtout aux Montagnards (pot-à-lait) et à Robespierre lui-même, héros de la fête de l’Être suprême le 8 juin 1794 (plateau). Les nombreux paysages révolutionnaires animés représentés sont tous inspirés soit de tableaux ou gravures répertoriées.

Bonbonnière

Bonbonnière - Porlier (1793) - Coll. Musée de la Révolution française
Bonbonnière - Porlier (1793) - Coll. Musée de la Révolution française


Une luxueuse bonbonnière en écaille cerclée d'or décorée par Porlier qui représente un jeune homme anonyme peint en miniature. L'homme a tout l’air d’un patriote déterminé : le sérieux de ses traits, la cocarde fièrement épinglée au chapeau et la simplicité de sa mise nous transportent d’emblée dans les premières années de la République. Cette boîte montre bien que l'engagement révolutionnaire et républicain s'exprimait dans des milieux sociaux très différents sur des petits objets intimes ou de la vie quotidienne. Plusieurs objets d'art prouvent bien que luxe et patriotisme pouvaient faire bon ménage.

Les symboles de la République

Liberté, liberté chérie

Liberté, Liberté chérie - Auteur anonyme (vers 1830-1833) - Coll. Musée de la Révolution française
Liberté, Liberté chérie - Auteur anonyme (vers 1830-1833) - Coll. Musée de la Révolution française


Cette huile sur toile intitulée Liberté, liberté chérie a été réalisée dans les années 1830-1833. L’inscription du drapeau est tirée de la Marseillaise que la Révolution de 1830 remit à l’honneur. Elle affirme, comme l’arbre de la Liberté et divers emblèmes représentés, un sentiment de fidélité à l’héritage de 1789. La scène paraît être une cérémonie typique des années 1830-1833, inspirée par les grandes fêtes révolutionnaires. Dès 1833, la monarchie de Juillet réprima violemment les manifestations populaires et l’œuvre de Rouget de Lisle devint un hymne séditieux, chanté par les prisonniers politiques.

Rouget de Lisle composant la Marseillaise

Rouget de Lisle composant la Marseillaise - Pinelli, Auguste (vers 1875) - Coll. Musée de la Révolution française
Rouget de Lisle composant la Marseillaise - Pinelli, Auguste (vers 1875) - Coll. Musée de la Révolution française


Cette huile sur toile d’Auguste Pinelli, Rouget de Lisle composant le chant de la Marseillaise, a été réalisée vers 1875. Durant la décennie qui va de 1879, année de son adoption comme hymne national, à l’apothéose républicaine du Centenaire de 1889, la Marseillaise connaît une diffusion massive dans la société française. Les conditions politiques et culturelles sont alors favorables à la propagation de la “foi laïque” dont elle est l’expression. À cette époque, Pinelli peint la figure allégorique de la France en écho à la Marseillaise de Rude sur l’Arc de Triomphe. Elle désigne l’inscription rayonnante Pro Patria et la charge militaire, fournissant à l’officier qui la compose son inspiration.

La République française

La République française - Wicar, Jean-Baptiste (1793) - Coll. Musée de la Révolution française
La République française - Wicar, Jean-Baptiste (1793) - Coll. Musée de la Révolution française


En 2016 le Musée de la Révolution française a pu acquérir, en partie grâce à 286 donateurs, la première peinture conservée représentant la République française peinte par Jean-Baptiste Wicar en 1793 à l’occasion de la campagne de financement participatif " Soutenez la République " !
Après la proclamation de la Première République en septembre 1792, dans les états italiens où la France avait des représentations, à l’instar du territoire national, il fallait remplacer les fleurs de lys de la monarchie par l’emblème du nouveau régime. La Convention nationale, sur un rapport de l’abbé Grégoire décrète que l’emblème de la République sera désormais celui de la Liberté, une femme vêtue à l’antique, debout, tenant de la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien ou bonnet de la Liberté, la gauche appuyée sur un faisceau d’armes.
La figure guerrière que Wicar a fixée invitait certes à la bravoure. Mais celle-ci n’était pas glorifiée au détriment de la raison et de la liberté. Elle leur était au contraire explicitement subordonnée. Que proclamait en effet cette République ? Sa volonté de courir au secours des peuples qui voudraient conquérir, ou recouvrer leur liberté. Liberté, telle était, telle demeure notre valeur principielle.

(Re)découvrez notre websérie "Une affaire patrimoniale : La République en avant-première".

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