Expositions passées

Afin de compléter les présentations de longue durée, le musée possède un espace consacré aux expositions temporaires. En moyenne, ce sont deux expositions qui sont présentées chaque année selon quatre axes :

  • Le développement d’un aspect de la période 1939-1945
  • L’exploration des formes actuelles de résistance
  • La présentation de travaux d’artistes inspirés par la Seconde Guerre mondiale ou la notion de résistance
  • L'histoire d'autres génocides et conflits du XX ème siècle

Goulag

Du 16/11/2018 au 20/05/2019

Affiche exposition GoulagDurant la période stalinienne - de la fin des années 1920 au début des années 1950 -, vingt millions de Soviétiques et plus d’un million d’étrangers sont passés par les « camps de travail correctif » ou les « villages spéciaux de peuplement » du Goulag. Quatre millions de détenus et de déportés, de toutes conditions sociales et de toutes générations, sont morts au cours de cette période. La répression du corps social s’est atténuée après la mort de Staline, mais ne disparait pas. La propagande du régime a longtemps occulté la réalité de cette répression. La lumière a été progressivement faite en Occident, surtout à partir des années 1970, grâce notamment aux témoignages de rescapés. L’ouverture progressive des archives soviétiques, à la chute de l’URSS en 1991, a permis aux historiens d’être au plus près de ce qu’a été le Goulag.     

Pour la première fois en France, le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère  revient sur l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine. À travers des documents d’archives russes inédits et les photographies poignantes de Tomasz Kizny l’exposition Goulag, présentée du 16 novembre 2018 au 20 mai 2019, portera un éclairage exceptionnel sur l’histoire des crimes et répressions perpétrés en URSS des années 1920 jusqu’à la chute du mur de Berlin.              

        

Hibakusha, dessins des survivants de Hiroshima et de Nagasaki

Du 14/06/2018 au 22/10/2018    
HibakushaLes 6 et 9 août 1945, deux bombes atomiques sont lâchées sur Hiroshima et Nagasaki, faisant des dizaines de milliers de morts. Les témoignages photographiques de ces évènements sont extrêmement rares. Comment exprimer les souffrances, les destructions et l’étonnement face aux effets de cette arme nouvelle ? En 1974 l’envie de témoigner pousse un homme à utiliser le dessin pour raconter ce qu’il a vécu à Hiroshima trente ans auparavant. Il l’envoie à la chaine japonaise NHK, qui lance un appel à témoin : elle reçoit plus de 3600 dessins qui libèrent enfin les souvenirs et la parole. Précieux et fragiles, les dessins originaux conservés au Mémorial de la Paix de Hiroshima et au Musée de la Bombe atomique de Nagasaki ne peuvent pas quitter le Japon. Le public européen les  découvre en 2017 au Centre Joë Bousquet et son Temps puis aux Archives nationales. Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère – Maison des Droits de l’Homme présente à son tour les fac-similés des dessins des Hibakusha, ces survivants devenus symboles de paix. L’exposition a été réalisée conjointement par le Centre Joë Bousquet et son Temps et les Archives nationales, avec le soutien exceptionnel du Musée Mémorial de la Paix de Hiroshima et le Musée de la Bombe Atomique à Nagasaki. Cette exposition a lieu dans le cadre de l’Année du Japon en Isère. En partenariat avec l’Association Franco-Japonaise de Grenoble et de l’Isère et l'Association Nos Voisins Lointains 3.1.

 

 

Former l'élite. L'École nationale des cadres de l'État français, Uriage 40-42

Du 17/11/2017 au 21/05/2018    
Former l'éliteLe destin singulier de l’École nationale des cadres de l’État français installée à Uriage, soulève aujourd’hui encore interrogations et controverses. Comment une école destinée à forger les élites du régime de Vichy est-elle devenue un lieu de liberté intellectuelle et de réflexions autonomes ? Pourquoi certains de ses membres se sont-ils progressivement détournés du pouvoir en place pour finalement rejoindre la Résistance ? Pour répondre à ces questions, l’exposition retrace son histoire : sa création, la philosophie développée, humaniste et antitotalitaire, l’organisation de l’enseignement à la pédagogie novatrice, et sa progressive opposition au maréchal Pétain jusqu’à l’entrée des « Uriagistes » dans la clandestinité. Elle se conclut sur « l’esprit d’Uriage » qui perdure dans la France de l’après-guerre avec Peuple et Culture, le journal Le Monde et la revue Esprit fondés par d’anciens instructeurs. Grâce à un fonds documentaire inédit composé de retranscriptions, de conférences, de photographies et de publications de l’École, l’exposition plonge le visiteur au cœur de l’histoire méconnue mais néanmoins passionnante d’Uriage. En partenariat avec la Maison des Sciences de l’Homme-Alpes, la commune de Saint-Martin-d’Uriage et Peuple et Culture.

 

La BD prend le maquis !

Du 03/12/2016 au 09/10/2017    
La BD prend le maquis !La bande dessinée a investi depuis longtemps le champ historique de la Seconde Guerre mondiale. Elle fut même présente durant le conflit comme en témoigne le célèbre album d'Edmond-François Calvo, La bête est morte !, publié en 1944. Cette production foisonnante a conduit le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère à bâtir une exposition dédiée au « neuvième art » autour du thème central du maquis, dans une région où cette forme de résistance fut particulièrement développée. Sur une idée originale de Xavier Aumage, archiviste du Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne et commissaire de l'exposition, ce travail revient ainsi sur plus de soixante-dix ans de création artistique à travers des planches originales, des story-boards, des archives et des objets qui gagent de la place du maquis dans les représentations du conflit. En partenariat avec le Musée de la Résistance nationale, le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, le Dauphiné libéré et les éditions Glénat.

 

Ausencias / Absence. L'Argentine et le Brésil sous les dictatures

Du 18/06/2016 au 17/10/2016    
AusenciasL’exposition Ausencias/Absences du photographe Gustavo Germano met un visage sur les personnes qui ont disparu à l’époque des dictatures militaires en Argentine et au Brésil des années 1960 aux années 1980 : des hommes, des femmes, des enfants victimes de sanglantes répressions. 30 000 disparus en Argentine et parmi eux, un des frères de Gustavo Germano. Dans les années 2000, le photographe réalise une série de clichés sur la base de photos d’albums de famille prises trente, quarante ans plus tôt. Gustavo Germano établit un parallèle troublant en saisissant sur les mêmes lieux et avec les mêmes postures les sujets photographiés. Mais ce rapprochement entre les deux époques souligne surtout la douloureuse présence de l’absence de l’être aimé. Dans ces places vides, on aperçoit ceux qui ne sont plus là. « Mon but était donc de montrer qu'il y a eu des disparitions forcées en Argentine, mais aussi de faire prendre conscience du temps qui s'est écoulé depuis. J'ai voulu traduire cette double pression du temps : celle des années de souffrance endurées par les survivants qui ont perdu des personnes chères, et celle du temps qui s'en est allé définitivement pour les disparus, parce qu'ils n'ont pas eu la possibilité de vivre leur vie. »    
En partenariat avec le Collectif Mémoire-Vérité-Justice Rhône-Alpes.

 

Un camp pour les Tsiganes. Saliers 1942-1944

Du 27/11/2015 au 23/05/2016    
Un camp pour les TsiganesMettant à l'honneur les photographies de Mathieu Pernot, cette exposition est complémentaire de celle présentée au Musée dauphinois, Tsiganes. La vie de bohème ? Les conditions de vie des Tsiganes durant la Seconde Guerre mondiale, leur internement en France sous Vichy, leur déportation et leur extermination par le régime nazi, demeurent encore aujourd'hui des sujets relativement ignorés. En France, la politique de sédentarisation des Tsiganes dans laquelle s'inscrit Vichy est ancienne. C'est en 1912 que le carnet anthropométrique voit le jour, identifiant ceux que l'on appelle « nomades ». Au début de la Seconde Guerre mondiale, le 6 avril 1940 est voté le décret assignant à résidence les porteurs du carnet anthropométrique. Avec la mise en place de Vichy sont créés les premiers camps d'internement, dont celui de Saliers, en Camargue, qui voit le jour en mars 1942. Avec Lannemezan (Hautes-Pyrénées), Saliers est le seul camp d'internement réservé aux « nomades » en zone sud. Les conditions de vie y sont lamentables : les nombreuses pénuries alimentaires, le manque d'hygiène et d'eau ainsi que le sentiment d'abandon auxquels doivent faire face les populations internées, rendent leur quotidien déplorable. À la lumière des documents conservés aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Mathieu Pernot a exhumé l'histoire de ce camp dont il ne reste aucun vestige. À la recherche des survivants du lieu qu'il convainc d'être photographiés, il établit un parallèle entre portraits d'hier et d'aujourd'hui.

 

Poilus de l’Isère

Du 12/11/2014 au 12/10/2015    
PoilusPréparée avec le concours de nombreux acteurs locaux, cette exposition est complémentaire de l'exposition À l'arrière comme au front du Musée dauphinois. C'est de l'engagement militaire des Isérois sur les champs de bataille dont il est question ici. Parmi eux, 17 000 à 19 000 hommes ont perdu la vie au cours de la Première Guerre mondiale. Tout en relatant les grandes phases du conflit, le musée reviendra sur les principaux faits d'armes au cours desquels ces soldats ont été engagés : les Vosges, la Somme, l'Artois, la Champagne, Verdun... en s'appuyant sur le parcours documenté de quelques-uns d'entre eux. Le musée souhaite à travers eux donner une vision assez représentative du vécu sur le front. Au lendemain de la guerre, cet engagement humain a été commémoré dans le département par l'érection de monuments aux morts et la tenue de cérémonies du souvenir qui n'empêcheront pas le déclenchement d'une nouvelle guerre mondiale en 1939. Le musée accueillera pour l'occasion un emblématique camion CBA appartenant à la Fondation Berliet. Conçu à la veille de la Première Guerre mondiale, il faisait partie des véhicules qui ont acheminé les soldats lors de l'épopée de la « Voie sacrée » de Bar-le-Duc à Verdun, en 1916.  Le camion sera présenté du 12 novembre 2014 au 23 février 2015. En partenariat avec les Archives départementales de l'Isère et le service départemental de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre de l'Isère.

 

Vercors 40 /44

Du 14/06/2014 au 13/10/2014   
VercorsÀ l'occasion du 70e anniversaire des événements du Vercors qui précédèrent de quelques semaines la Libération du département, le musée propose une exposition sur ce « maquis emblème » de la Résistance française. En s'appuyant sur l'historiographie récente (en particulier les travaux des historiens Gilles Vergnon et Peter Lieb), ce travail veut faire le point sur ce que nous savons des années de guerre dans cette région des Alpes en proposant pour la première fois un regard croisé à partir des sources françaises et allemandes. L'exposition fait également une place importante aux questions de mémoire en étudiant les nombreuses représentations que le Vercors a suscitées depuis la Libération à travers les livres, les films, la musique, les discours politiques, etc.

Automne 43, Résistance et répressions

Du 26/11/2013 au 19/05/2014    
Automne 43L'automne 1943 constitue un moment charnière dans l'histoire de la Seconde Guerre mondiale en Isère. Début septembre, dans le contexte de l'armistice signé par Badoglio en Italie, les troupes allemandes occupent la totalité du département en lieu et place de leurs anciens alliés italiens. S'ensuit une répression sans précédent contre la Résistance, mais aussi contre la population juive qui ne s'achèvera qu'avec la Libération du département à la fin août 1944. En quelques semaines, une succession d'événements se produisent dans la région grenobloise dont la mémoire collective conserve encore le souvenir. Aux actes de répression opérés par l'occupant le 11 novembre à Grenoble contre les manifestants venus nombreux dans les rues de la ville pour dire leur opposition, puis du 25 au 30 novembre dans le cadre de la « Saint-Barthélemy grenobloise » contre les chefs de la Résistance iséroise, des actions de riposte aboutissent aux explosions du polygone d'artillerie et de la caserne de Bonne des 14 novembre et 2 décembre où se trouvent entreposés les stocks d'armes allemands. Une période marquante à laquelle le musée a voulu s'attacher soixante-dix ans après ces événements en les situant dans le contexte plus large de l'évolution du conflit à cette époque.

 

Exiliados. Le refuge chilien en Isère 1973-2013

Du 14/06/2013 au 21/10/2013   
ExiliaosQuarante ans nous séparent de l'avènement de la dictature militaire qui dirigea le Chili de 1973 à 1990. Ce régime de terreur a engendré la mort de milliers d'opposants et l'exil de centaines de milliers d'autres à travers le monde et notamment en France. À l'occasion de cette commémoration, le musée a souhaité revenir sur la répression dont la junte s'est rendue coupable et les résistances que celle-ci tenta de briser. Des événements qui demeurent largement ignorés en France alors même que l'Hexagone, et l'Isère en particulier, fut une terre de refuge pour beaucoup d'exilés. Leur installation comme la solidarité dont ils ont bénéficié à l'époque occupent une place centrale de cette exposition. Elle questionne également sur l'évolution politique du Chili depuis la dictature et les enjeux judiciaires pour que la lumière soit enfin faite sur les crimes qu'elle a perpétrés. Ce travail qui s'appuie principalement sur le témoignage des exilés et leurs archives, a bénéficié des contributions du collectif d'associations iséroises Chili 1973-2013, Mémoires et Résistances. L'exposition est également constituée d'un ensemble de photographies exceptionnelles proposées par le Musée de la Mémoire et des Droits de l'Homme de Santiago, issues de la série FRAGMENTOS/ MEMORIAS/ IMÁGENES. À 40 años del golpe, comme autant d'images pour lutter contre l'oubli. Avec la collaboration du Musée de la Mémoire et des Droits de l'Homme de Santiago et la revue Hommes & Migrations et le concours du collectif Chili 1973-2013, Mémoires et Résistances.  
Exiliados est une exposition bilingue français et espagnol.

Justes de l'Isère, le sauvetage des Juifs 1940-1944

Du 23/11/2012 au 20/05/2013   
JustesPlus d’une centaine d’Isérois ont été faits « Justes parmi les nations » par le Mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem. Cette distinction honore au nom de l’État d’Israël ceux qui ont mis en danger leur existence durant la Seconde Guerre mondiale afin de sauver des Juifs. À l’heure où les derniers de ces Justes sont encore en vie, le musée souhaite leur consacrer une exposition pour rappeler leur engagement pendant les années sombres et plus largement rendre hommage à celles et ceux qui, souvent restés anonymes, ont tenté d’empêcher les persécutions. Face à la barbarie nazie, les solidarités dont la population juive a pu bénéficier durant la guerre demeurent encore trop méconnues.
En partenariat avec le Comité français pour Yad Vashem            
Avec le concours du Conseil représentatif des institutions juives de France, du B’nai B’rith, du Centre culturel Juif, du Cercle Bernard Lazare, de l’association Mémoires de Fontaine, du service départemental des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de l’Isère et de nombreux enseignants-chercheurs.

 

Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF)

Du 15/06/2012 au 15/10/2012   
OQTF« SANS-PAPIERS » : une vision figée de familles réfugiées dans une illégalité trouble, des noms étrangers et des termes administratifs indéchiffrables, voilà souvent tout ce que l’on sait d’eux. Immigrés, clandestins ou sans-papiers, les fragments de leur vie s’éparpillent dans l'actualité en photos et en mots souvent trompeurs : ils cessent ainsi d’être des personnes pour devenir des clichés, des abstractions qui ne nous touchent plus. Pour résister à cette disparition programmée, Vincent Karle et Guillaume Ribot portent un autre regard. En prenant le temps de les connaître et de partager leur vie, à l'opposé du modèle simpliste du sans-papiers, ils racontent leurs histoires. Loin du sensationnel mais parfois entre comédie et tragédie, cette exposition dessine quelques portraits d'un quotidien sans papiers, avec la volonté de redonner leur sens aux mots et aux images, pour ne pas que ces hommes, ces femmes, ces enfants disparaissent dans l'indifférence et qu'on les oublie.

Libertà ! Antifascistes et résistants italiens en Isère

Du 25/11/2011 au 21/05/2012   
LibertaL'avènement du fascisme en Italie au début des années 1920 conduit des milliers de personnes à trouver refuge en France et en particulier en Isère. Elles ne représentent qu'une minorité au sein d'une masse de migrants italiens qui quittent alors leur pays pour des raisons économiques. Poursuivant la lutte, certains de ces exilés politiques s'engageront en France dans des organisations antifascistes telles que la LIDU (Ligue italienne des Droits de l'Homme) ou l'UPI (Union populaire italienne) dont la présence est attestée dans ce département. Au-delà de cette période, le musée entend évoquer leur parcours durant la Deuxième Guerre mondiale et les relations qu'ils ont pu nouer avec la Résistance. Car si ces années sont notamment marquées en Isère par l'Occupation de l'armée italienne de novembre 1942 à septembre 1943, elles voient aussi l'engagement de nombreux Isérois d'origine transalpine dans la lutte pour le rétablissement des valeurs républicaines.

Des 4 coins de l’Empire. Soldats et travailleurs coloniaux en Isère, 1914-1945

Du 15/04/2011 au 24/10/2011   
Des quatre coins de l'EmpireContribuant à l'"effort de guerre" pendant les deux guerres mondiales, plusieurs centaines de milliers de soldats et de travailleurs coloniaux, venus des quatre coins de l'Empire, combattront sur le front pour défendre la « Mère-Patrie » et seront employés dans les usines liées à la défense nationale. Contraints pour la plupart de quitter leur terre natale, logés bien souvent dans des baraquements de fortune, leurs conditions d’existence sont difficiles. Leur sort donne à réfléchir sur le statut politique et moral conféré au colonisé, qui demeure au ban de la société. À travers une exposition et un ouvrage, le Musée de la Résistance et de la Déportation met en lumière ce que l’Isère doit à ces hommes originaires d’Afrique et d’Asie et contribue à rappeler cette page de l’histoire souvent méconnue.

Lumière sur fragments obscurs. Paul Hickin, œuvres de Résistance

Du 19/11/2010 au 14/03/2011   
HickinAprès l'exposition Traces et chuchotements du néant (2002) qui traitait, par la gravure, du désastre des deux conflits mondiaux, d'autres œuvres de Paul Hickin sont cette fois mises en relation avec dix moments de l'histoire où l'humanité court à sa perte. De Salomé faisant décapiter Jean-Baptiste à la mort de Salvador Allende et de Pablo Neruda, en passant par la Révolution française, les deux guerres mondiales et celles de la décolonisation, Paul Hickin interroge le visiteur : « Pourquoi l'humanité, si souvent amnésique, concourt-elle à son autodestruction ? ». L'exposition présente une quarantaine de gravures et de collages, accompagnés de textes et d'illustrations puisés notamment dans les références artistiques de l'auteur.

La dame du jeu de Paume. Rose Valland sur le front de l’art

Du 18/06/2010 au 25/10/2010   
Rose VallandOriginaire de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, Rose Valland, modèle de résistance civile, demeure souvent méconnue du grand public. Le Centre Historique de la Résistance et de la Déportation de Lyon a choisi de mettre en lumière le parcours engagé de cette femme, figure emblématique de l'histoire de la récupération des œuvres d'art spoliées durant la Seconde Guerre mondiale au travers d'une exposition que le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère accueille dans sa version itinérante. Attachée de conservation au Musée du Jeu de Paume, dédié depuis 1932 aux écoles étrangères contemporaines, Rose Valland participe, comme l'ensemble des personnels des musées nationaux, à la mise en sécurité des œuvres des musées menacées par l'imminence du conflit mondial. Elle est ensuite, dès novembre 1940, le témoin révolté du pillage organisé par les nazis qui font transiter par son musée, réquisitionné à cet usage, les œuvres dérobées aux familles juives et franc-maçonnes avant de les expédier en Allemagne où elles viennent enrichir les collections du Führer, de Goering ou des musées allemands. À la Libération, Rose Valland devient secrétaire de la Commission de récupération artistique puis, contractant un engagement au sein de la Première armée française, part en Allemagne avec le grade de capitaine. Elle est alors chargée de retrouver, en lien avec les Alliés, les pièces appartenant à des collections françaises et de veiller à leur, retour. On estime à environ 60 000 le nombre d'œuvres d'art rapatriées en France, par la Commission de récupération artistique et les Alliés, grâce au travail et au dévouement de Rose Valland. Rédigé en 1961, son livre témoignage, Le Front de l'art, bénéficiera d'un éclairage médiatique inattendu et demeurera jusque dans les années 1990 une référence sur l'histoire de la récupération des œuvres d'art.

Spoliés ! L’« aryanisation » économique en France 1940-1944

Du 31/05/2010 au 26/02/2011   
SpoliésAprès le discours du Président Jacques Chirac, reconnaissant en 1995 la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs et au moment où Jean Mattéoli se voit confier la direction d'une mission d'étude sur la spoliation des Juifs sous le régime de Vichy, des recherches semblables sont lancées à Bordeaux, Toulouse, Lyon et Grenoble. Sous l'égide de la municipalité de Michel Destot, une commission d'enquête est mise en place à Grenoble en 1997 et  demande en 2001 à l'historien Tal Bruttmann de faire toute la lumière sur les spoliations dont les Juifs furent victimes en Isère. La publication du rapport final de cette commission, édité en mai 2010 aux Presses universitaires de Grenoble, est à l'origine de cette exposition.

Le train s’est arrêté à Grenoble, la guerre d’Espagne et l’Isère, refuge et Résistance

À partir du 14/11/2009 
EspagneVotée par le Congrès espagnol en 2007, la Loi sur la mémoire historique, n'a pas fini de questionner les descendants de ceux qui choisirent l'exil plutôt que de vivre sous la dictature franquiste. Cependant, quelle mémoire a-t-on conservé des faits ? Quel souvenir a-t-on encore en Isère du soulèvement nationaliste du général Franco ? Se rappelle-t-on de la résistance qui s'y est exprimée, avant La Résistance, lors du départ des Brigadistes ? Et des exilés républicains espagnols qui arrivent en Isère, en 1937 et 1939, que sait-on des conditions désastreuses dans lesquelles ils furent « accueillis » ? Ce qu'ils sont devenus ? Cette exposition met en lumière des faits peu connus des années 1930 à 1940, en Isère ; les uns, peu glorieux, comme l'internement des républicains exilés et d'autres qui le sont davantage. Comme la guerre d'Espagne annonce le deuxième conflit mondial, l'antifascisme, que nombre d'Isérois partagent aux côtés des combattants du franquisme, prépare la Résistance. Cette exposition permet ainsi de constater combien le travail de mémoire et d'histoire qui s'accomplit en Espagne autour des valeurs démocratiques a rejoint celui qui se poursuit en France, à l'égard de la Résistance. Grâce au partenariat du Casal Català, à Grenoble, de nouvelles photographies et des témoignages apportent de précieuses informations sur l'arrivée en Isère de milliers de réfugiés espagnols qui, en dépit d'un accueil plutôt froid, se sont souvent fixés dans le département.

Face au génocide, du Cambodge à l’Isère

Du 24/04/2009 au 12/10/2009   
CambodgeFaisant suite à l’exposition Témoin S-21. Face au génocide des Cambodgiens qui proposait un éclairage sur les traces du crime de masse perpétré par les Khmers rouges de 1974 à 1979, Face au génocide, du Cambodge à l’Isère, s’intéresse au refuge des exilés en France et, plus précisément, en Isère. Janvier 1979, la chute des Khmers rouges laisse le Cambodge face au désastre dont on découvre progressivement l’ampleur et aux plaies profondes d’un pays  à reconstruire. Des dizaines de milliers de Cambodgiens, vont alors préférer le chemin de l’exil et connaître le parcours lent et fastidieux des réfugiés en attente d’un pays d’asile. Quelque 130 000 d’entre eux parviennent  en France.  En Isère, la solidarité s’organise. Dès mai 1975, à Lumbin puis à Cognin-les-Gorges, le Secours catholique ouvre des centres d’hébergement et un comité départemental d’entraide est créé afin d’accompagner quelque 3 000 réfugiés du sud-est asiatique, dans leurs démarches et leur intégration tant sociale que professionnelle. Aujourd’hui, près de 500 personnes d’origine cambodgienne vivent en Isère dont la plupart ne sont jamais retournées au Cambodge. Longtemps silencieuse, leur mémoire se libère aujourd’hui, à la faveur des procès de Phnom Penh. La résilience, après un tel traumatisme, suppose de pouvoir dire et d’être entendu. C’est tout l’enjeu de cette exposition dont l’objectif est autant de faire part de l’histoire des Isérois d’origine cambodgienne que de témoigner de l’accueil et de l’aide qu’ils reçurent en Isère.

Témoin S-21. Face au génocide des Cambodgiens

Du 07/11/2008 au 06/04/2009   
Cambodge« Témoin S-21. Face au génocide des Cambodgiens » est avant tout la mise en perspective du travail photographique de l’artiste Dominique Mérigard, dédié aux traces du génocide cambodgien. L’artiste réalise ses clichés au cours d’une mission d’enseignement de la photographie à l’École Royale des Beaux-arts de Phnom Penh. À cette occasion, ses étudiants l’ont amené dans le silence d’une école vide, devenue aujourd’hui le musée du Crime génocidaire, après avoir été pendant 4 ans la plus sinistre des prisons, où 14 000 Cambodgiens ont été torturés puis exécutés par les khmers rouges. Il photographie alors ce camp de la mort tel qu’il le voit, maintenu ainsi en musée. Son souhait est de communiquer le choc visuel et émotionnel qui a été le sien en découvrant S-21. Dans cette optique, le parcours de l’exposition invite le visiteur à découvrir une série de photographies qui ont l’objectif de « dire l’indicible ». Il s’agit d’objets abandonnés, de portes ouvertes, d’architecture et de barbelés. Dominique Mérigard prend en photo les murs où sont accrochés des portraits d’hommes, de femmes et d’enfants photographiés avant d’être massacrés. Cela amène à se questionner sur le « pourquoi » et le « comment » du génocide. Ces photos-constats se mêlent à des images de vie que le photographe rapporte aussi de ce voyage. Il s’agit de portraits aux regards intenses de jeunes enfants ou d’adultes ayant traversés la sinistre période. À ce travail s’ajoute une mise en contexte historique, en quatre parties, qui portera un éclairage sur les cinq années de guerre qu’a connu le Cambodge, et sur ses conséquences.

Les résistants de la Viscose, 1940-1944. L’usine face à la guerre

Du 30/05/2008 au 15/09/2008   
ViscoseDans l’agglomération grenobloise des années 1940, cinq grandes entreprises industrielles emploient plus de 1 000 salariés : Bouchayer et Viallet, Neyret-Beylier et Picard-Pictet (qui deviendra Neyrpic) et Merlin-Gerin à Grenoble, Brun à Saint-Martin-d’Hères et la Viscose à Echirolles. À la faveur de la solidarité ouvrière, très certainement, des foyers de résistance naissent et se développent dans chacune d’elles. Aucun n’a fait encore fait l’objet d’une étude approfondie si ce n’est à la Viscose dont les résultats sont présentés dans cette exposition. Ces résultats ne sont cependant pas exhaustifs.

Rompre le silence. Mémoires de chômeurs et précaires en Isère, 1975 – 2007

Du 26/10/2007 au 07/04/2008   
Rompre le silenceL’exposition débute par la mise en relief de l’engrenage dans lequel le travailleur est pris, avant, pendant et après son licenciement. De la sentence de « mort sociale » à laquelle il équivaut, aux justifications souvent humiliantes qu’il faudra, dès lors, ne plus cesser de fournir pour conserver de quoi subsister, en passant par « l’angoisse de la boîte aux lettres », toutes les étapes ce cette « mise en cases » pour reprendre l’expression de Christian Devaux, le fondateur de l’Association Gallo, sont là restituées afin que le visiteur les ressente lui-même, jusqu’à la solitude, le rejet, l’éloignement des projets, l’expulsion, la maladie… Une deuxième partie fait état de la chronologie du « traitement social » du chômage depuis 1975 – la fin des « trente glorieuses » - en même temps qu’est montrée la profusion de papiers (courriers de l’ANPE, cartes de pointages, justifications, circulaires, lettres de demande d’emploi…) qui jalonne ce parcours exténuant. La troisième partie présente au travers de témoignages écrits ou video-filmés et d’une cinquantaine de portraits saisissants dont chacun dit à sa manière : « J’existe ! », autant d’histoires de vie cabossées ou brisées où persiste pourtant une lueur d’espoir, celle, précisément, que nourrit la résistance. Outre de qualifier la posture de résistant de ces chômeurs militants, la quatrième partie sollicite le visiteur : «  Comment construire une société sans chômage ? ». Les réponses seront affichées et confrontées en une sorte de forum évolutif dont l’exploitation sera envisagée à la fin de l’exposition, au printemps 2008.

Le génocide des Arméniens, un Martinérois raconte

Du 25/04/2007 au 08/10/2007   
ArménieLa traduction et la publication des mémoires de Yervant Der Goumcian (né en 1894 à Medz Nor Kiugh dans l’Empire ottoman et mort en 1976 à Saint-Martin-d’Hères, en Isère) sont à l’origine de cette exposition. La saga d’une famille rescapée donne un nouvel éclairage aux données historiques du premier génocide du XXe siècle. L’exposition s’attache d’abord à mettre en lumière la situation de l’Empire ottoman au début du XXe siècle et de son contexte idéologique. Par un jeu d’alternance, le parcours se poursuit avec la présentation de la famille Der Goumcian. Le génocide des Arméniens est ensuite abordé. Les premiers massacres commis à la fin du XIXe siècle, puis en 1909, en Cilicie, ne sont que les prémisses du projet d’extermination des Arméniens que met à exécution le gouvernement Jeune-Turc à partir de 1915 et qui aboutit à la mort de plus d’un million de personnes. À la fin de la Première Guerre mondiale, les rescapés, surtout des femmes et des enfants, prendront le chemin de l’exil vers l’Europe et les Etats-Unis. Réfugiés dans un premier temps en Bulgarie, Yervant et sa famille parviennent à rejoindre la France en 1926 et s’installent à Saint-Martin-d’Hères où lui et son épouse sont employés à la Biscuiterie Brun. Il n’obtient la nationalité française qu’en 1947. Entre 1962 et 1964, alors qu’il est à la retraite, il rédige ses mémoires, réparties en trois volumes, sur 1500 pages. Très impliqué au sein de la communauté arménienne, il s’attache à maintenir sa culture d’origine en instaurant des cours de langue arménienne et en organisant des spectacles de danse et de théâtre et des rassemblements annuels. Il meurt en 1976 à l’âge de 82 ans. Ses deux filles conservent pieusement ses mémoires jusqu’à la mort de la dernière d’entre elles, en 2005, où elles rejoignent les archives de la Direction du patrimoine de la Ville de Saint-Martin-d’Hères.

Être Franc-Maçon en Isère en 1940

Du 20/05/2006 au 19/03/2007   
Francs-maçonsBien qu’apparaissant souvent, les symboles de la franc-maçonnerie sont pourtant méconnus, sur le plan de leur signification. C’est par la présentation de ces symboles que s’ouvre l’exposition. L’équerre, le compas, la truelle, le triangle et les étoiles, la signification des chiffres trois, cinq et sept, permettent d’appréhender une partie du fonctionnement maçonnique. Le secret, ou plutôt le retrait, dans lequel opère la franc-maçonnerie est également évoqué très tôt : « Le secret maçonnique s’explique par la nécessité de garder aux travaux la discrétion indispensable à leur poursuite sereine à l’abri de l’agitation du monde, il traduit aussi l’impossibilité d’expliquer à l’extérieur une réalité incompréhensible au profane ». Et c’est ici également que sont présentées les caisses des archives remises récemment aux ADI*, à l’origine de cette exposition. La suite de la visite est consacrée à l’histoire de la franc-maçonnerie, parfois complexe. À travers le discours de Charles Mangin, les bustes de francs-maçons célèbres, les diplômes maçonniques, ce sont le rôle et l’évolution de la franc-maçonnerie avant la Seconde Guerre mondiale qui se dessinent ici. La double offensive (celle de Vichy et de l’occupant) dont elle fut ensuite victime dès l’été 1940 est rappelée grâce aux documents témoignant des liquidations de loges, des ventes de biens, de mises sous scellé. Autant d’attaques faites en Isère à près de 2 500 maçons. Une répression qui n’alla pas sans provoquer nombre d’engagements dans la Résistance, et qui est évoquée ici à travers plusieurs figures emblématiques, parmi lesquelles Léon Perrier, Andry-Farçy, Léon Martin, Lucien Hussel, ou Louis Reverdy, pour n’en citer que quelques-uns. C’est enfin au rôle et à la place de la franc-maçonnerie actuelle qu’est dédiée la dernière partie de l’exposition.

Los Hijos, Tucumản. Veinte años despuès / Les enfants, Tucuman, vingt ans après Photographies de Julio Pantoja

Du 06/04/2006 au 08/05/2006                            
TucumanL'exposition présente trente-huit portraits noir et blanc de jeunes hommes et femmes, photographiés à l'âge qu'avaient leurs parents au moment de leur disparition. Au croisement des travaux de l’historien, du sociologue, de l’artiste, du photographe et du militant, Julio Pantoja veut lutter contre l'oubli. Il nous confronte à travers ces enfants et leur expérience commune, aux disparus eux-mêmes. Grâce aux portraits brandis par leurs enfants, à leurs ressemblances physiques, et au nom qui, sous chaque photographie, marque leur identité, jamais ces disparus n’ont été aussi présents. En cela, le travail de Julio Pantoja est une revanche prise sur ces militaires qui avaient poussé leur entreprise d'extermination de tout opposant jusqu'à faire d'eux des morts sans cadavres ou des cadavres sans noms, officiellement répertoriés NN (nomen nescio).

Tchétchénie Sur[exposée]. Une vie dans l'ombre

Du 09/12/2005 au 20/03/2006   
TchétchénieEn 2004 et en 2005 et avec l’aide logistique de Médecins du Monde, Maryvonne Arnaud se rend en Tchétchénie pour juger de la situation par elle-même. Elle trouve un pays ravagé. De Grozny, la capitale, bombardée par l’armée russe durant des mois, de 1999  à 2000, il ne reste que des ruines. Là, pourtant, au milieu des gravats et des bâtiments éventrés, vivent, dans une précarité absolue, des hommes, des femmes, des enfants. Dans les photographies que prend alors Maryvonne Arnaud, le contraste entre ce paysage de fin du monde et l’énergie et la dignité qui émanent de la population qui survit, est saisissant. Photographies de groupes, cernés par les ruines, et portraits plus intimistes pris à l’intérieur des abris de fortune que les habitants se sont aménagés composent l'exposition. Elles témoignent de l'enfermement et de la vie en suspend de tout un peuple. Une vie dans l'ombre, une résistance…

Mauthausen. Les images

Du 15/03/2005 au 31/10/2005   
MauthausenComplétées par les témoignages filmés d'Isérois, rescapés de Mauthausen, ces photographies disent l’horreur glacée de l'univers concentrationnaire. Soucieux de faire disparaître toute preuve, les SS, peu avant la libération du camp, détruisent une grande partie de leurs archives photographiques. Un millier de négatifs est pourtant subtilisé et mis à l'abri par des républicains espagnols, employés au service de l'Identification du camp. L'un de ces Espagnols "rouges", Francesc Boix les présente comme pièces à charge au procès de Nuremberg. Il est également l'auteur des photographies prises à la libération du camp, en mai 1945. Dès cette date, le souci principal des rescapés est déjà de témoigner, de décrire l’effroyable machine conçue par les Nazis pour asservir jusqu’à l’épuisement et la mort une partie de l’humanité. Outre les 83 photographies des camps de Mauthausen et de Gusen, figurent, dans l'exposition, les noms des 272 personnes, arrêtées en Isère et déportées dans ces camps. On estime à 50 % la proportion de ceux qui survécurent. Quatre d'entre eux livrent leurs témoignages dans un film de 17 minutes réalisé par Michel Szempruch et diffusé en boucle : Camille Armand, arrêté le 4 janvier 1944 au Mûrier, déporté le 28 mars 1944, Mauthausen, Gusen
Roger Fleury, arrêté le 4 février 1944 à Saint-Égrève, déporté le 6 avril 1944, Mauthausen, Gusen
Jean Grey, arrêté le 11 novembre 1943, déporté le 22 mars 1944, Mauthausen, Melk 
Léon Renevier, arrêté le 19 décembre 1943 à Saint-Antoine-l'Abbaye, déporté le 23 mars 1944, Mauthausen

 

L'anti-Monument. L'œuvre publique de Jochen Gerz

Du 25/11/2004 au 28/03/2005   
AntimonumentCette exposition présente quelques-uns, des travaux que Jochen Gerz a réalisé dans l'espace public, en France et en Allemagne, et met l'accent, grâce au film de sa préparation, sur Les Mots de Paris. Là, en 2000, au cœur de la capitale, Gerz offre une tribune à un groupe de "sans domicile fixe", grâce aux moyens de la commande publique. Basée sur la mémoire, l'oubli et la participation collective, la recherche de Jochen Gerz n'est pas sans rapport avec celle d'un Musée de la Résistance où l'on s'interroge sur les résistances. Résistances au fascisme, au racisme, à la guerre ou la misère, chacune des œuvres de Jochen Gerz valent probablement plus pour les réactions qu'elles provoquent que pour elles-mêmes. Au fil de l'exposition, tel un "fil rouge", des citations de Jochen Gerz et de l'écrivain et psychanalyste Gérard Wajcman informent le visiteur et sollicitent sa réflexion.

L'Isère libérée. 20 août - 2 septembre 1944

Du 02/07/2004 au 01/11/2004   
Isère libéréeAu-delà du simple éphéméride, l’exposition permet aussi de comprendre comment les Isérois ont vécu la fin de la Seconde Guerre mondiale, en replaçant cet épisode dans le contexte des débarquements alliés de Normandie et de Provence et de la déroute allemande. Comment, après des années passées sous le régime autoritaire du maréchal Pétain, puis des occupations italienne et allemande, s’effectue le retour à la légalité républicaine. Le rôle joué par la Résistance durant cette période de transition est déterminant. Le Comité départemental de libération nationale (CDLN) de l'Isère qui fédère toutes ses forces a, dès janvier 1944, préparé un plan d’action, reconnu par le général de Gaulle, instituant des commissions, nommant un préfet  pour gérer le département dès le  départ de l'occupant. Si  après quatre années de souffrances et de privations, la population vit ces journées dans la liesse, les difficultés demeurent présentes. L’attente angoissée des absents, prisonniers ou déportés, la douleur face à la découverte des exactions commises par les Allemands avant leur départ, les nécessités de l'épuration, les rationnements qui se poursuivent… font que la vie demeure difficile même si la liberté est retrouvée et que l'espoir de la société nouvelle voulue par la Résistance, dans le cadre du programme du Conseil national de la Résistance (CNR) est plus fort que jamais.            


 

Alpes en guerre / Alpi in guerra. 1939-1945

Du 15/11/2003 au 14/06/2004   
Alpes en guerreFruit de cette coopération, l'exposition bilingue "Alpes en guerre / Alpi in guerra. 1939-1945" réunit, pour la première fois, des documents provenant de tout l'arc alpin occidental et une riche iconographie, souvent inédite, issue des archives allemandes et italiennes. Au cœur de l'exposition, un dispositif infographique permet aux visiteurs de visualiser l'ensemble des occupations, des mouvements des armées en présence, des résistances et de leurs répressions jusqu'à la Libération, en mai 1945. Au-delà de la nouveauté de considérer les Alpes occidentales, italiennes, suisses et françaises, comme un seul et même ensemble territorial sur la période de la Deuxième Guerre mondiale et d'en établir enfin l'histoire globale, de 1939 à 1945, apparaît une autre nécessité : celle de partager largement cette histoire, de part et d'autre des frontières, avec les populations alpines d'aujourd'hui et – pourquoi pas, tandis que l'Europe se construit – d'initier une réflexion et un débat collectifs sur la guerre et par conséquent les conditions de la paix.

Si nous cessions d'y penser…

Du 14/03/2003 au 20/10/2003   
Si nous cessions d'y penserÀ côté d'images tristement familières, comme la rampe ou l'entrée du camp et sa devise "Arbeit macht Frei", Guillaume Ribot rompt avec les représentations habituelles. Un lac paisible, une clairière ensoleillé, là aucun vestige ne permet plus d'identifier l'Auschwitz des nazis et de l'extermination de l'homme par l'homme. Quelques vers de Nelly Sachs accompagnent ces photographies. Grande figure de la poésie, prix Nobel de littérature en 1966, allemande et juive, Nelly Sachs donne en effet dans son œuvre une place centrale au souvenir de la Shoah qui l'a séparée à jamais de l'homme qu'elle aimait et contrainte à l'exil. Enfin, un extrait du film de Rafaël Lewandowski, Une ombre dans les yeux est également diffusé dans l'exposition. Connu au cinéma pour avoir été le chef décorateur de Woody Allen, Otto Preminger, Bertrand Blier ou Louis Malle, Willy Holt fut aussi agent de liaison pendant la Seconde Guerre mondiale. Arrêté par la Gestapo en 1943, à Grenoble, Willy Holt est faussement identifié comme juif et déporté à Auschwitz. Le hasard et la chance vont lui permettre de survivre. Comme pour la plupart des rescapés, il lui fallut longtemps avant de parler de sa déportation. Il y parvient, pourtant, d'abord dans un livre, "Femmes en deuil dans un camion", publié en 1995 aux Editions Nil, puis dans ce film.

Sangatte : le Hangar

Du 23/11/2002 au 10/02/2003   
SangattePar deux fois, en 2001, la photographe Jacqueline Salmon se rendra au hangar. Là, elle évite d'être happée par des histoires individuelles et, surtout, de tomber dans le voyeurisme. Il en résulte des images de lieux vides, abris de fortune, matelas ou lits de camps accolés, vêtements accrochés à des grilles. La misère n'est que très respectueusement suggérée d'où la force et la pertinence émanant de cette œuvre photographique qui sollicite, au-delà, une réflexion de fond sur les causes et les effets des migrations et les difficultés qu'éprouvent, face à elles, nos sociétés européennes. Une situation qui n'est pas sans rapport avec celle que connaît la France, à la fin des années 1930 et doit mieux aider à comprendre la genèse et la réalité du camp dit "de transit" ou "d'internement". Le documentaire Le piège de Sangatte de Sylvain Roumette et Alain de Sédouy est diffusé au centre de l'exposition. Entourés des photographies du hangar, les visiteurs peuvent ainsi, pousser plus loin leur réflexion, grâce à ce film, tourné en juin 2002, qui dresse un état des lieux du centre peu de temps avant l'annonce de sa fermeture devenue effective depuis début novembre.

Traces and whispers from emptiness / Traces et chuchotements du néant

Du 09/02/2002 au 11/11/2002   
HickinEntrecoupées d'un film où les visiteurs d'une autre exposition réagissent devant les preuves de leur propre histoire, puis d'une halte sur la réflexion de Paul Hickin et les images qui l'ont stimulé, cinq séquences recomposent ici l'itinéraire qu'il a dû parcourir pour parachever ses cadrans de montres. Évaluant, à l'aune de sa sensibilité, l'histoire et les lieux dont elle fut le théâtre, cet enfant de la guerre nous fait partager sa quête : quel sens donner aux réalités qu'il perçoit, à la haine, l'amour, la culture, l'abjection, la soif de vivre et la folie meurtrière ' C'est une condition humaine en perdition que Paul Hickin inscrit dans le cuivre. Le temps est compté. Se ressaisir est-il encore possible ? Les œuvres de Paul Hickin sont accompagnées par une évocation des sources littéraires desquelles le graveur s'est inspiré autant que des événements historiques qui en sont la cause. L'exposition est le produit d'un partenariat entre l'URDLA (Centre International de l'estampe, Villeurbanne), la Maison d'Izieu mémorial des enfants juifs exterminés et le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère.

Le Petit Dauphinois de 1939 à 1944, quotidien de la presse officielle à Grenoble

Du 12/05/2001 au 01/12/2001   
Petit DauphinoisDestinée à tous et au public scolaire, cette exposition traite de la question délicate de l'usage de la propagande durant la Seconde Guerre mondiale, et du rôle qu'y joue la presse quotidienne. Elle aborde aussi l'action de la censure, les relations de la presse et du pouvoir central, ainsi que le fonctionnement de l'information en cette période trouble. L'exposition présente, à partir d'articles sélectionnés dans différentes éditions du Petit Dauphinois, comment le quotidien a informé les Grenoblois de septembre 1939 à août 1944. Son plan est chronologique : trois parties pour trois périodes durant lesquelles les pouvoirs en place (la Troisième République, l'État français, puis les occupants italiens et allemands) utilisent chacun à des degrés divers et dans des contextes différents, la presse à des fins de propagande et de contrôle de l'opinion.

Maquis de l'Isère. Dernières nouvelles

Du 04/01/1999 au 04/04/2001   
MaquisQuoiqu’il en soit, l’histoire des maquis, même si elle n’est qu’une partie de celle de la Résistance, mérite d’être mieux connue. Réfractaires au STO, communistes, socialistes, militaires, résistants recherchés, déserteurs yougoslaves, idéalistes, étudiants, rebelles, tels sont les profils de ces hommes jeunes et inexpérimentés pour la plupart qui, abandonnant tout confort, vont s’organiser avec des succès divers, lutter et s’exposer. À l’issue d’une nouvelle exploration des documents des Archives départementales de l’Isère et des collections du MRDI, une vision nouvelle est proposée de l’action maquisarde en Isère, de ses formes et de sa chronologie. Photographies, documents d’archives, objets et textes constituent les supports autour desquels s'articulent les quatre parties de l'exposition.

Fort Barraux. Camps et prisons de la France de Vichy. 1940-1944

Du 20/11/1998 au 02/11/1999   
BarrauxUne politique d'exclusion se substitue à la politique d'exception, instaurée sous la Troisième République, elle-même liée au contexte national et international. Il s'agit bien pour le nouveau régime d'exclure et d'interner tous les réfractaires à la "Révolution nationale" soit "l'anti France" dont parle Charles Maurras (Juifs, francs-maçons, communistes et étrangers), responsable de tous les maux. La collaboration d'État, affirmée dès les débuts du régime, est là encore évidente. À partir de l'été 1942, les lieux d'internement de la France de Vichy sont utilisés par les Allemands pour y faire transiter ceux qui sont arrêtés avant qu'ils ne soient déportés. Près de Grenoble, dans le haut-Grésivaudan, une fortification datant du XVIème siècle, Fort Barraux, devient à partir de juillet 1940, un "centre de séjour surveillé". Là, vont être internés des " Français indésirables " : communistes, syndicalistes, Juifs puis délinquants économiques. Cet exemple local est relié à l'ensemble du réseau des lieux d'internement par les photographies de Patrick Bard qui présentent à la fois ces lieux et des portraits de témoins qui y ont séjourné et propose une réflexion sur la fragilité des traces de leur histoire.

Être Juif en Isère entre 1939 et 1945

Du 28/11/1997 au 02/11/1998   
Etre juif en IsèreEn Isère comme ailleurs, rafles, dénonciations, spoliations, arrestations, incarcérations et déportations vont se multiplier et, à partir de septembre 1943, s’intensifier encore tandis que Wehrmacht et Gestapo sévissent en Isère. Avant Drancy et Auschwitz, des centaines de Juifs vont connaître les salles humides et froides de l’ancien Fort Barraux. Nombreux cependant sont ceux, qui, par patriotisme ou antinazisme, intègrent la Résistance ou s’organisent pour cacher les leurs et faciliter leur fuite. Tant parmi les Juifs de l’Isère que chez ceux qui les aident au nom d’une humanité indivisible et solidaire, se dessinent d’admirables figures. À l’aide de documents, nouveaux pour la plupart, et rassemblés pour l’occasion lors d’une longue et patiente collecte, l’exposition évoque les drames et les succès des acteurs de cette période tragique. ÊTRE JUIF EN ISÈRE ENTRE 1939 et 1945, en ce Musée de la Résistance et de la Déportation, veut aussi contribuer à la grande œuvre toujours à poursuivre de la reconnaissance de l’autre. Etre fier d’être juif, comme d’appartenir à telle communauté, telle religion, telle culture ou telle région, n’empêche ni d’être français, ni de se sentir partie intégrante d’une même humanité. Cette évidence, qui ne l’a pas été, ici même, il y a à peine plus de cinquante ans, mérite d’être inlassablement rappelée et enseignée. En effet, tous les conflits du monde d’aujourd’hui relèvent de cette même incapacité des hommes à reconnaître et respecter leurs différences.   


 

Affiches des années noires

Du 09/11/1996 au 02/11/1997   
Affiches des années noiresPuisées principalement dans les collections du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, constituées depuis plus de trente années par les associations départementales de résistants et de déportés, une trentaine d'affiches originales, soigneusement sélectionnées, composent l'exposition dans une scénographie appropriée. Un ouvrage collectif dont la parution est prévue en décembre ainsi que des fiches pédagogiques, l'accompagneront. "Affiches des années noires" permet de poursuivre trois des principaux objectifs du musée : la mise en valeur de ses collections, l'approfondissement de la connaissance d'une période-clé de l'histoire et l'action pédagogique. Gageons que cette exposition parvienne encore à remplir un quatrième objectif en ouvrant une réflexion plus large sur les usages qu'un pouvoir peut faire des médias.

Halabja mon amour

Du 24/05/1996 au 21/10/1996   
Halabja mon amourParticipant à une mission humanitaire au cours de l'été 1991, Guy Martin-Ravel en ramène des photographies. Avec l'humanisme et le talent qu'on lui connaît, il capte les visages et les scènes de la vie de cette population meurtrie mais fière et déterminée à rester elle-même. Il croise les vainqueurs américains de la guerre du Golfe et les soldats vaincus de l'armée irakienne. Il gagne le camp de Penjwin, où 70 000 personnes se réfugièrent à 1500 mètres d'altitude, puis la ville, rasée elle aussi, de Sayid Sadiq (50 000 habitants). Après les enfants des camps de réfugiés de Bosnie "Dessine-moi la paix", exposition de l'UNICEF présentée au MRDI de février à avril 1995, le musée voudrait attirer l'attention sur ce peuple à qui le droit d'existence est refusé parce qu'il a sa langue, ses traditions, sa culture.

Mémoires de déportés

Du 27/04/1995 au 15/05/1996   
Mémoires de déportésIl y a cinquante ans, arrivaient en gare de Grenoble quelques rescapés des camps nazis. Affaiblis par les privations et les mauvais traitements, épuisés, malades, humiliés, méconnaissables, ils rentraient chez eux. Les familles qui attendaient durent se rendre à l'évidence : beaucoup, plus de la moitié, les deux tiers, peut-être plus, ne reviendraient jamais. Ces survivants avaient gardé le peu de force qui leur restait pour raconter, pour dénoncer, pour témoigner, pour que «plus jamais ça» ! Pourtant et parce qu'il fallait tenter d'oublier pour recommencer à vivre mais aussi parce qu'en ces temps d'après-guerre et de reconstruction, la société n'était pas prête à recevoir leur témoignage, des années furent nécessaires avant qu'on ne les entende vraiment. Ces hommes et ces femmes ont vécu dans leur chair, au prix de leur vie bien souvent ou sinon d'effroyables souffrances, les conséquences les plus extrêmes de la logique nazie. Une logique bâtie, ainsi que Primo Levi l'a rappelé, sur une idée aussi simple que redoutable : «l'étranger, c'est l'ennemi». C'est de cela qu'il faut se souvenir aujourd'hui et toujours et c'est de cette impensable et pourtant réelle dérive dont des millions de personnes furent les victimes et dont les rescapés témoignent. Et nous les écoutons. Le cœur serré, nous les entendons, non seulement parce que tout ce qu'ils disent incite au plus haut respect, mais aussi parce que leurs témoignages forment pour nos sociétés d'aujourd'hui le plus précieux des héritages. Ils résistèrent, à tous les sens du terme ; jamais, même aux pires moments ni l'oppression, ni la soumission, ne furent pour eux acceptables ; jamais ils ne s'avouèrent vaincus. Grâce à eux et quoiqu'il se passe d'effrayant dans le monde, à Sarajevo, Grozny, ou Kibeho, les Droits de l'Homme ont un sens. Et même s'il l'on peut douter parfois des résultats de l'action internationale, le sentiment du respect de la personne humaine et de la faculté que chacun doit avoir de jouir des droits fondamentaux, domine aujourd'hui dans le monde.

Maquis 1943-1944 d'après les dessins d'Abdon

Du 01/07/1994 au 01/02/1995   
Dessins d'AbdonImpatient d'agir pour la Résistance, et peu satisfait de ce qui lui est proposé à Paris, il gagne le Vercors et s'engage dans un maquis en juin 1943. Il a 22 ans. À l'automne 1942, il est dans l'Oisans et dès l'hiver, en Belledonne, dans la Compagnie Bernard. C'est dans la Compagnie Stéphane, cependant dont il devient chef de groupe en mai 1944, que ses qualités de courage, de rigueur vont s'exprimer pleinement. Ainsi va-t-il participer aux actions de la Compagnie jusqu'à la libération de la dernière vallée alpine occupée, la Maurienne, en septembre 1944. C'est ensuite en qualité de chef de section, d'Éclaireurs Skieurs de la même compagnie, au 15ème Bataillon de Chasseurs Alpins, qu'il prend part à la "guerre des Alpes", en Italie. Il, c'est Abdon. À peine consent-il, dès qu'il est question de cette période, à donner son nom véritable. De Jacques Barré, nous nous contenterons de signaler qu’il fut architecte et muséographe, et de saluer, outre ses exploits de combattants, son grand talent de dessinateur. Durant sa vie dans les maquis alpins, Jacques Barré met à profit chaque pause et moment de veille pour dessiner ce qu'il voit au crayon ou à la plume. D'un trait précis et vigoureux, il dresse le portrait de ses compagnons, se rappelle une action, une embuscade, un attentat. Il dessine et nous offre sans le savoir l'unique possibilité de partager chacun des instants de la vie du maquis, les plus héroïques, comme les plus réjouissants. Car Abdon a de l'humour et nombre des dessins qu'il fait circuler de main en main, durant l'attente ou la veillée, ont le mérite, en provoquant le rire, de rendre l'optimisme et de souder le groupe. 



 

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