Le cèdre et le papyrus. Paysages de la Bible

Du
12sep 13déc
Visuel de l'exposition Le cèdre et le papyrus. Paysages de la Bible
Audience
TOUT PUBLIC
Type
Événement à venir
Exposition temporaire

Dans un contexte inédit de crise sanitaire sans précédent et pour répondre aux directives gouvernementales, le  musée de Saint-Antoine-l’Abbaye est contraint de revoir la programmation culturelle initialement prévue

REPORT DE L'EXPOSITION DU 12 SEPTEMBRE AU 13 DECEMBRE (initialement prévue du 4 juillet au 12 novembre)

Dans les montagnes, les ermitages étaient donc comme des tentes remplies de chœurs divins, chantant des psaumes, lisant les Ecritures, jeûnant, priant.

Athanase, Vita Antonii.

 

Ainsi Antoine l’Egyptien, ermite des montagnes et du désert de l’ascèse, constitue-t-il le point de départ de cette narration. Le désert initie le parcours et met en perspective des paysages emblématiques de la Bible, réels ou imaginaires. Reprenant les traditions antiques et bibliques, le symbolisme chrétien fait de la montagne un lieu d’échange privilégié entre Dieu et les hommes, l’imposant bientôt dans l’imaginaire médiéval comme la meilleure représentation du désert ascétique. Les artistes proposent dès lors une vision panoramique d’un univers peuplé d’ermites, la thébaïde. Le désert devient une cité.

La montagne, lieu clos par excellence, s’anime dès lors de personnages, d’animaux et de végétaux. Les grottes font progressivement place à des cellules, des monastères ou de véritables bourgs. Le désert devient presque convivial, enclin à plus d’humanité. Il est le lieu des commencements et des possibles, de l’Exode, de la manne, des ermites, de la pénitence de saint Jérôme ou de Marie l’Egyptienne. Un corpus littéraire et iconographique se met en place conférant souvent aux paysages peuplés d’ermites et de saints une dimension fantasmagorique et symbolique. Déserts fantasmés de la lointaine Egypte, vues théâtralisées transposées aux villes et aux campagnes, jardins d’Eden luxuriants, ce sont autant de paysages sublimés.

 

Léonard Limosin : La chute. XVIe siècle. Email peint sur cuivre. Inv. 168 Musée des Beaux-Arts de Limoges © Musée des Beaux-arts de Limoges / cl. Coline Bourgouin

Léonard Limosin, La Genèse : la Chute. XVIe siècle. Email peint sur cuivre. Inv. 168
Musée des Beaux-Arts de Limoges
© Musée des Beaux-arts de Limoges / cl. Coline Bourgouin

 

La Bible fourmille de paysages que l’auditeur comme le lecteur mettent spontanément en images, et les artistes reçoivent alors commande de mille et une illustrations du texte sacré. Sous l’influence des franciscains le paysage, d’abord symbolique, prend de l’ampleur avec Giotto. En Flandres, le paysage est souvent introduit par une fenêtre intérieure au tableau qui cerne une part d’environnement et l’isole de la scène religieuse. Progressivement pourtant, des peintres comme Joachim Patinir, vont accorder autant de valeur à l’environnement qu’aux personnages. Néanmoins, il faut attendre le XVIIe siècle, Van Ruisdael et Carrache, pour que le paysage devienne le véritable sujet du tableau, ce qui peut être vu. L’œil humain et surtout le pinceau de l’artiste sont nécessaires pour faire du pays un paysage.

Loin d’être anecdotiques, les paysages de la Bible ont leur part tant dans la foi des hommes que dans leur plaisir esthétique.

Dans le cadre de PAYSAGE>PAYSAGES saison 4

 

Traduction des cartels de l'exposition

 

/musee/musee-de-saint-antoine-labbaye